I. Les Œuvrtt et Us Hommes, 4* partie, i vol. (i
que les noms amis Tiennent sur le tapis, Horace , Diderot, Richardson ou Victor Hugo, par exemple, il s'anime, il s'échauffe, il parle, il entasse arguments, preuves, jugements, anecdotes, défend son homme , attaque ses rivaux , les pique, les harcèle , lance ses pointes acérées avec une rapidité et une vigueur éloquentes, vous éblouit, vous fascine, vous entraine.
On lira avec émotion ces lignes justes et touchantes tracées par M. Henri de Lapommeraje dans le Bim public, à l'occasion de la retraite du maître :
Qjie vous importe l'ingratitude de ceux que vous avez honorés de votre critique ou de votre admiration ? Vous vous plaignez de leur oubli , et, à la fin de votre Histoire de la Littérature dramatique, vous avouez votre chagrin de les sentir si indifférents pour ces feuilletons qui ont fixé le souvenir — si vite effacé sans vous ! — de leurs célébrités éphémères! Allons donc, disciple et commensal d'Horace , ayez plus de douce philosophie ! Ils n'étaient que des instruments plus ou moins utiles du progrès artistique et moral ; vous vous êtes servi d'eux pour dire et faire de belles et bonnes choses : ne leur demandez rien ; vous êtes quittes ! Mais c'est à nous , les nouveaux venus, à vous payer le tribut de reconnaissance qui vous est dû, pour avoir continué la tradition des enthousiasmes généreux , des nobles, protections et des amoun fécondes pour tout ce qui est élevé, vrai, bien et beau.
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Il nous a semblé intéressant de reproduire ici ces appréciations sincères, et même nous regrettons bien vivement de ne pouvoir en donner que de courts fragments, et d'être forcé d'omettre la plupart des témoignages contemporains.
De telles citations, sans parti pris, ont surtout l'avantage d'éclairer et de fixer le lecteur; en même temps elles servent à rendre un hommage éclatant et légitime à un véritable écrivain. — Et si l'on nous parle des défauts de l'auteur du Talisman, il sera facile de répondre. De quoi l'accuse-t-on, en effet? D'avoir trop produit, d'avoir été incessamment prodigue de ses trésors d'imagination, de grâce et de st^le?
Quel adorable reproche! et si rare! Trop de sève, trop de broderies légères, trop de verve brillante, trop de passion pour l'école buissonnière en des sentiers charmants, tour à tour pleins d'ombre et de soleil? £h bien, mais il est aisé de remédier à tout cela. Que d'une main impartiale et délicate on fasse quelque jour un choix parmi ces pages touffues, débordantes de jeunesse, parsemées de phrases opulentes; que
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Ton élague cette forêt littéraire, où abondent et s'encheyétrent les lianes luxuriantes , mais aussi où Ton rencontre, presque à chaque pas, des fleurs étoilées et de suaves parfums, et nous aurons à coup sûr des volumes riches en exquises merveilles.
M. de Sacy disait naguère, très-judicieusement et avec une grande autorité :
Que je souhaiterais à bien des gens ce que M, Jules Janin a de trop !.. O vous qui vous sentez l'esprit stérile et la veine à sec , si cette prose resplendissante ne vous dit rien, n'échauffe pas votre imagination, jetez la plume : vous n'écrirez jamais !
Seine-Port, août 1874.