I. Turgr. Julie
JCLIK.
indigne, je l’avoue, do mellro un homme d'honneur à une telle épreuve... et au fond cela était si loin de ma pensée! Je vous sais si bon gré, au contraire, si bon grél...
£Ue l’arrête.
T C R G Y, d'unê voix lente et un peu baise.
De quoi?... De vous aimer?
J U 1 1 vivemont.
De ne («s me le dire!
Et si Je n'ai plus ce courage?
JULIE
Si vous ne l'aviez plus, il faudrait partir en effet; mais pourquoi? Qu’y a-t-il donc de changé?... Pardon de mon in^i— tance... elle est étrange, je le sens; mais je suis dans un tel dénùment d'affections, que je ne puis me résigner légèrement à perdre la vôtre... et quelle affection!... Croyez-vous que je ne sache pas l'apprécier... si dévouée, si délicate, si généreuse... comprenant mes chagrins sans que Je me plaigne, m’en consolant sans m’en parler, occupant mon cœur sans le troubler?... C’était une fiére charilé que vous qie faisiez là!... Pourquoi me la refuser maii.tenant?
TU RCV.
Ahl... parce que je ne puis plus |)ortcr ce masque d’amitié, parce qu’il me pèse, parce que je suis à bout de forces!... que
Digi;:. by Cooglc
ACTü: PnFMlER.
voulez-vous? Pendant des années on lutte, on combat au nom du devoir, de li foi, de l’honneur... on refoule, on comprime à deux mains les sentiments qui vous inondent le cccur, la pitié, la tendresse, l'indignation, le désespoir... et tout à coup une heure vient où l’on sent qu’on n’est plus le maître, que le cœur déborde, qu’il entraîne tout... qu'il n’y a plus do devoir, do foi, ni d'honneur... qu’on aime, qu’on aime... qu'on aime, et voi’à tout!...
J U L I P, d'uo ion d« roproebe* et do douleur.
Mon ami I
Tl’HGÏ.
Votre ami... je no le suis plus, je vous l’ai ditl... Je ne. puis plus, je ne veux plus Pétrel... et si je restais prés do vous, je n’aurais plus qu’une pensée... vous perdre, vous traîner avec moi aux abîmes pour vous enlever aux autres plus sûrement, pour vous lier à moi à jamais I
JC Lie.
J’écoute... je ne comprends pas... Est-ce vous qui parlez?
TURGV, M laissant tomber Air un ftutruü près de In table, à j^nuche.
Eh! grand Dieu! n'ai-je pas été assez honnéle homme, voyons! assez loyal, assez patient... depuis des années que je suis là sous le charme do votre beauté, do vos vertus, do vos souffrances, vous aimant follement, tout prÿs de défaillir dès que votre main touche la mienne, dès que votre robe agite Pair aul.our de moi, le cœur rempli de paroles d’adoration qui
JULIE
brûlent mes lèvres et que mes lèvres retiennent... Et pour qui tant de respects, de loyauté, do tortures?... pour qui?... Oh! ne craignez rien... noni je n’accuse personne... Moi seul... moi seul je suis coupable, c’est vrai!
n *'e«l levé.
JULIE
Oui... vous seul... et bien coupable!... Adieu!...
TURGYy rerenaDt.
Et pourtant qui m’a amené là? Qui a fait de moi un traître à l’amitié et à l’honneur? Je n’étais pas né pour ce rôle-là. Dieu lésait... vous le savez aussi; et si je vous avais vue aimée, heureuse, honorée, comme vous méritiez de l’être entre toutes, jamais... jamais je n'aurais eu l'infàme pensée de toucher à votre bonheur. Il m’eût été sacré !... Mais vous voir, vous... vous si digne de donner le bonheur et do le connaître, vous dont l’amour me semblait, quand j’y songeais, une ivresse impossible... vous qui eussiez fait de ma vie unie à la vôtre un pur enchantement...
JULIE, un ppu enirrée Pt dr-faillantp.
Je vous supplie... je vous supplie... partez!
Voir ce cœur si doux et si fier, cette âme charmante, cette grâce parfaite... tout ce que vous êtes enfin... toutcela perdu... dédaigné... outragél...