‹ Julie drame en trois actes, en proseChapitre 43 sur 55 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Tuncr.

Écoutez, Julie! Dans les heures de passion, do folie, où j'osais me dire qu’un jour peut-ùtre mon amour serait partagé... jamais je n'ai admis un instant que, ce jour venu, il nous fût possible, à vous comme à moi, de continuer ii vivre de notre vie passée dans cette maison, le mensonge dans le coeur, dans les yeux, sur les lèvres... Fuir avec vous, essayer, à force do dévouement et de tendresse, de vous faire oublier tout ce que vous m’auriez sacrifié, oublier tout, moi-méme, dans l'ivresse do votre présence et de mon amour... voilà le seul rêve que j'aie fait, le seul qui me parût ressembler au bonheur... et être digne de nous deux... Eh bien, faut-il y renoncer, dites? Si le courage vous manque en face de votre fille, si vous ne me préférez pas à tout comme je vous préférais même à l'honneur... Eh bien! l'existence que vous me forez, si douloureuse... si amère qu’elle m’apparaisse, je la subirai, je l’accepterai, je vous en remercierai !

Mais... malheureux... vous ignorez que cola même est impossible.

Tl’ R G Y.

Impossible!

JULIE

Cette enfant qui vous aime!

TURGT.

Cécile!... Abl Dieul

■JULIE

JULIE

Sa première parole a élé pour me le dire... Imaginez ce que j'ai souHert... Et maintenant... partir! Mais je n’aurais plus même à espérer sa pitié... Sa douleur sera de la haine... Rester! elle deiinera lout un jour ou l'autre, puisqu'elle vous aime... Et quels sentiments aura-t-elle pour sa mère!... Ah! tout... tout est impossible!... vous le voyez!... N’est-ce pas? vraiment, cela rend fou!

T U RG Y, après un slkoce, s’approchant d'elle, d'une voix douce et rési(Dée.

Voulez-vous que je parle seul?

JULIE

Vous!... Oh ! non ! non ! no croyez pas que je vous demande cela !..-. Ne croyez pas que j’aie cette cruauté !

Ne me refusez pas seulement. Adieu.

JULIE, lui prenant les mains et le refardaoi avec des yeux pleins de larmes.

Oh! pardon! pardon! Je l'aime tant, ma petite Gllel

TURCV.

Eh bien! allez la rejoindre... Un jour, peut-être, si vous ne’ nie le défertdcz pas, je reviendrai... comme votre ami... Oh! comme votre ami, je vous le jure I

JULIE

Merci.

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