XXIV. RÉPONSE
J? A I T E 8 , mylord ; ordonnez de moi ; vous ne serez d( savoué sur rien. En attendant que je mérite de vous servir, au moins que je vous obéisse.
XW. DE MYLOBD EDOUARD À l'aMANT DE JULIE.
X uiSQUE VOUS approuvez 1 idée qui m est venue, je ne veux pas tarder un moment à vous marquer «jue tout vient d'être conclu, et à vous expliquer de quoi il s'agit, selon la permission que j'en ai reçue en répondant de vous.
Vous savez qu'on vient d'armer à Plîinouth une escadre de cinq vaisseaux de guerre, et qu'elle est
3io LA NOUVELLE HÉLOISE.
prête à mettre à la voile. Celui qui doit la commander est M. George Anson , habile et vaillant officier, mon ancien ami. Elle est destinée pour la mer du Sud , où elle ^oit se rendre par le détroit de le Maire, et en revenir par les Indes orientales. Ainsi vous voyez qu'il n'est pas question de moins que du tour du monde; expédition qu'on estime devoir durer environ trois ans. J'aurois pu vous faire inscrire comme volontaire ; mais, pour vous donner jdus de considération dans l'équipage, j'y ai fait ajouter un titre, et vous êtes couché sur l'état en qualité d'ingénieur des troupes de débarquement : ce qui vous convient d'autant mieux que le génie étant votre première destination, je sais qne vous l'avcx appris dès votre enfance.
Je compte retourner demain à Londres (i), el vous présenter à M. Anson dans deux jours. En attendant, songez à votre équipage, et à vous pourvoir d'instruments et de livre* ; car l'embarquement est prêt, et l'on n'attend plus que l'ordre du départ. IMon cher ami, j'espère que Uieu vous ramènera sain de corps et de cœur de ce long voyage, et qu'à votre retour nous nous rejoindrons pour-ne nous séparer jamais.
(r) Je n'entends pas trop bien ceci. Kinsington n'étant qu'à un (piart de li«ia- de Londres , les seigneurs qui vont à la cour n'y couchent pas ; cependant voil.i mylord Edouard forcé d'y passer je ne sais combien de jours.