LB SÉNAT DE CONSTANTINOPLB
et plus tolérants. Dans tous les partis , on Festimait i sa juste valeur : saint Grégoire de Nazianze lui écrit dans les termes les plus déférents, comme à un ami, et loi confie sans inquiétude des jeunes gens à qui il s'intéresse (1); plus tard, quand les catholiques seront persécutés par Tarien Valens, Thémistius s'honorera lui-même en demandant justice pour eux. Les termes qu*il employa dans cette occasion montrent en lui un déiste plutùt qu'un partisan fanatique de l'idolÀtrie. Ses raisonnements sont ceux mêmes dont Symmaque se sert dans sa polémique avec saint Ambroise : mais, par une contradiction singulière, Symmaque, pontife, représentant de l'ancienne hiérarchie religieuse, revendiquera les privilèges du paganisme au nom des doctrines qui, à Thémistius, dégagé de tout lien envers le passé, serviront à demander simplement la liberté de conscience pour tous (2).
On ne rencontre donc, en Orient, à peo près rien qui ressemble à l'aristocratie traditionneUe de FOccident. Celle qui existe est presque tout entière de fraîche date et de création impériale. Elle renferme des païens, mais point de parti païen. Elle dépend trop de l'empereur pour suivre en religion une politique différente de la sienne. Elle se confond peu à peu avec sa cour. La résidence du souverain, à Constantinople, établit entre lui et le sénat de cette ville des rapports de familiarité et de dépendance tout autres que ceux qu il entretient avec le sénat romain. Dans les fêtes, dans les cérémonies, dans les voya^res, une partie des sénateurs orientaux
1 Sâiot Cinfsotre àt Xafiame. Ep. 14, 3S.
: ThemisUos, Orutio XIU; Socnte, BisL ccri., IV, 32;