Ep. à Themistius; Hertlein, p
la conscience, dit-il, de ne posséder aucun talent supérieur, ni naturel, ni acquis. J'aime seulement la philosophie ! . » La vie d'étude, la vie cachée, se pare en ce moment pour lui de tous ses charmes. « Vivre dans la politique et ne respirer qu'elle » lui est à charge 2 . ïl se sent « capable de supporter l'adversité avec courage 3 , » mais il se trouve « petit et faible devant les faveurs de la Fortune 4 . » Il souffre d'être « envahi par la multitude des affaires 5 . » Il regrette « le temps passé 6 . » Il reproche à Themistius de l'avoir engagé « à sortir de sa retraite philosophique pour paraître au plein soleil 7 . » Ah ! combien peu de choses peuvent les rois pour l'amélioration de l'humanité! « Les conquêtes d'Alexandre ont enrichi bien des gens : elles n'ont rendu personne plus tempérant ni plus sage 8 . » Un philosophe, « en formant trois ou quatre autres philosophes, aura rendu plus de services au genre humain qu'un grand nombre de rois ensemble 9 . »
Une péroraison assez simple, où semble percer une émotion vraie, et où le langage a parfois les formules de l'humilité chrétienne, termine cette longue lettre :
« Ce n'est ni la fuite du travail, ni la poursuite du plaisir, ni l'amour du loisir et du repos, qui me font détester la politique; mais je ne trouve en moi, comme