Saint Matthieu, vi
5. Voir de fortes paroles de Dion Chrysostotne, dans les Esclaves chrétiens, 3 e éd., p. 201.
l'Église, après lavoir miné depuis trois siècles par ses institutions et par sa doctrine, ne craignait plus d'attaquer publiquement par la bouche de ses plus éloquents docteurs ' . Sur ce mal social, Julien est demeuré muet. Deux fois dans ses lettres il est question des esclaves, une fois pour engager le clergé païen à étendre jusqu'à eux la propagande 2 , une autre fois pour commander d'en mettre quelques-uns à la torture 3 . Mais de la question même de l'esclavage, de sa légitimité, que Ton contestait alors dans la chaire chrétienne 4 , des moyens d'atténuer ses rigueurs et d'amener peu à peu sa suppression, pas un mot ne se rencontre dans les livres ou dans la correspondance de Julien. Sur l'esclavage il semble en être demeuré aux idées ultra-conservatrices de Platon et d'Aristote 5 . Il est même un des rares empereurs qui n'aient promulgué aucune loi en vue d'améliorer la condition •des esclaves 6 .
Ce que l'on dit ici de l'esclavage, on peut le dire de tous les autres problèmes 60ciaux. Rien de ce qui touche au progrès des classes populaires, si visible cependant au iv a siècle 7 , à une plus grande diffusion de la moralité «t du bien-être, h cette dette que les grands et les puissants ont naturellement envers les petits et les