Ammien Marceilin, XXII
3. Ibid.— Voir la Persécution de Dioclétien, V éd., 1. 1, p. 157.
tenir ses larmes à la vue des décurions et des magistrats qui venaient au-devant de lui pauvrement vêtus, suivis d'une foule en haillons : son émotion s'accrut encore quand il reconnut parmi ces malheureux des gens qu'il avait fréquentés lors de son second séjour, ou même quand on lui en montra, dit Ammien, avec qui il avait été en rapport dans son enfance, pendant l'année passée sous la tutelle de son parent, l'évèque Eusèbe 1 . Julien vint généreusement au secours de tant de maux, et fournit les fonds nécessaires à la réparation des monuments ou des maisons 2
La grande voie romaine que suivait Julien le mena en ligne droite à Nicée 3 ; puis, infléchissant brusquement à gauche, parallèlement au cours du Sangare, le conduisit à la frontière de la Galatie 4 . Dans sa hâte de visiter, même au prix d'un long détour, le principal sanctuaire de la Mère des dieux 5 , il abandonna, probablement à Juliopolis, la route qui se dirigeait vers Ane yre , et, traversant le Sangare, puis le Timbres, s'engagea dans le massif montagneux derrière lequel s'étendait Pessinonte.
Sans doute, la ville sainte était déchue depuis longtemps. La corporation de prêtres qui régnaient jadis comme des rois sur les pays d'alentour 6 avait perdu son importance après la conquête romaine. Dès le second siècle avant notre ère, la pierre noire, symbole de la