II. — La liberté de l'enseignement dans le monde romain
La liberté de l'enseignement fut entière dans le monde romain jusqu'en 362.
En Grèce, où toute l'organisation sociale reposait sur la cité, l'éducation des enfants était minutieusement réglée par la loi, et surveillée de très près par les magistrats. A Rome, où la famille fut, à l'origine, beaucoup plus puissante, et où le pouvoir du magistrat s'effaçait devant celui du père, les choses se passèrent tout autrement. Pendant la période républicaine, nul ne songea à mettre une limite soit au droit du père de famille sur l'éducation de ses enfants, soit même au droit de l'instituteur sur Tordre et les matières de son enseignement. Chez nous, dit Cicéron, « l'éducation n'est ni réglée par les lois, ni publique, ni commune, ni uniforme pour tous *. » Une seule fois, avant le moment où le grand orateur parlait ainsi, les censeurs avaient montré quelque velléité d'intervenir dans une question d'enseignement : ce fut quand s'établirent à Rome les premières chaires de rhétorique. La vieille moralité romaine s'effrayait à la pensée que, pour imiter les