‹ Julien l'Apostat (volume 3)Chapitre 66 sur 296 · Ammien Marcellio, XXI · texte numérisé non relu

Ammien Marcellio, XXI

- 2. Constance était né en 317. Voir Corpus inscr. lat. 9 1. I, p. 389; la Chronologie du Code Théodasien, p. xm; TiUemont, Histoire des Empereurs, t. IV, p. îvi et 638. Ammien Marcellin (XXI, 15) se trompe en lai donnant seulement quarante ans et quelques mois, « anno quadragesimo et mensibus paucis. » Aurelius Victor (Epitome, 42) dit plus exactement : « Anno œ?i quarto et quadragesimo. »

mires, des signes de dérangement d'esprit. Depuis quelque temps il avait, la nuit, des songes effrayants. Même avant de s'endormir, il devenait la proie du cauchemar. Un soir, en se couchant, il crut voir son père, qui lui y présentait un bel enfant : et quand il eut pris celui-ci / dans ses bras, l'enfant lui arracha de la main le globe impérial et le jeta au loin. On essaya de donner à ce rêve une interprétation rassurante ; mais chacun, et Constance lui-même, y vit l'annonce d'une révolution. Les amis de l'empereur durent être encore plus inquiets quand il leur raconta qu'il avait cessé d'apercevoir un être mystérieux, qu'autrefois il voyait toujours auprès de lui : ils se demandèrent si la disparition de ce génie tutélaire n'était pas le signe de sa fin prochaine : quelques-uns, probablement, pensèrent que cette bizarre confidence indiquait le cerveau affaibli d'un halluciné. C'est avec toute sorte d'appréhensions que ses plus intimes confidents le virent, vers la fin de l'automne, donner l'ordre du départ, et quitter Antioche à la tète de l'armée 1 .

La rencontre d'un cadavre, au sortir de la ville, le remplit lui-même d'une terreur superstitieuse. Arrivé à 1 Tarse, il fut pris de fièvre. Croyant que le mouvement du voyage lui ferait du bien, il se remit en route, et, par des chemins difficiles, arriva à Mopsucrène, la dernière ville de la Cilicie, au pied du Taurus. La fièvre le reprit : voulant, le lendemain, se lever pour continuer sa route, il ne put tenir debout. Bientôt il fut en danger. Il envoya chercher l'évèque arien d' Antioche, Euzoius, et reçut de lui le baptême in extremis 2 . Ce dernier

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