‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 121 sur 298 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

je Tai dit au début, ni la science dont j'aurais besoin, ni une supériorité naturelle. Je crains, en outre, que la philosophie, dont Tamour m'avait éloigné du commerce des hommes, ne se trouve compromise par moi... Que Dieu m'accorde une heureuse fortune et une prudence digne de cette fortune! Car j'ai besoin plus que jamais de l'assistance du Tout-Puissant, de votre appui et de celui de tous les philosophes. Il faut me venir en aide, car je vais combattre et m'exposer pour vous. Si Dieu se sert de nous pour accorder aux hommes plus de bien que n'en comporte l'idée que j'ai de moi-même, il n'y a pas à me reprocher mon langage. Car tout ce que je connais de bon en moi, c'est que, n'ayant rien, je ne crois pas avoir beaucoup, et que, comme tu vois, je vis conformément & cette pensée. Je te supplie donc de ne point me demander de grandes choses, mais de tout abandonner à Dieu. Je mériterai ainsi quelque indulgence, si je commets des fautes; si, au contraire, tout va bien, je me montrerai reconnaissant et modeste, ne rapportant pas à moi-même des actions qui ne sont pas miennes, mais, comme il est juste, les attribuant à Dieu. C'est à lui que je rendrai grâces, et je vous prierai de lui rendre grâces avec moi. * »

Nous avons dit que cette lettre intéressante et singulière avait été écrite pour le public. On s'étonnera de voir un prince prendre la plume pour faire ainsi à ses sujets, ou au moins à ses confrères les philosophes, la confidence de ses théories sur la souveraineté même dont il est revêtu, sur les dangers de l'hérédité royale^^ sur les inconvénients du pouvoir absolu, la confidence

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