Objnrf^torias et mordaces. » Ammien Marcellin, XX
3. « Qoarum seriem nec scrotare licuit, nec, si licuisaet, proferre decebat in publtcnm. » Ibid,
4. Les Mémoires d'Oribase; Toir plus haut, p. 14, note 2. Pour cette raison, l'assertion de Zonare, qui place à la suite de l'ambassade de Léonas TenToi de la lettre injurieuse, paraît préférable à celle d'Ammien, qui dit que cette lettre fut envoyée en même temps que la première missire annonçant l'éléTation de Julien au rang d'Auguste. Mais le témoignage d'un contemporain tel qn'Ammien rend impossible d'admettre l'hypothèse de Koch {Kaiser Julian der Abtrilnnige, Leipzig, 1899, p. 466), d'après laquelle la lettre injurieuse de 360 serait une ioTention des ennemis de Jafien, suggérée par ses épitres de 361 au sénat de Rome et aux Athéniens.
JCLIEH L'APOSTàT. — II. 2
18 LES NÉGOGIMIONS.
Julien reprochait amèrement le passé à Constance, Taccusait de cruauté envers les membres de sa famille, et le menaçait de tirer un jour vengeance de leur mort^.
La conduite de Julien à ce moment parait inexplicable, s'il n'est pas décidé à rompre tout de suite avec Constance. Hais précisément la rupture totale n'était alors ni de son intérêt, ni dans ses désirs. La suite des événements le montrera temporisant pendant de longs mois encore, et ne perdant que peu à peu, et à regret, l'espoir d'arriver à une entente. Dans une semblable situation, la lettre confiée à Léonas, comme les propos tenus à cet ambassadeur, révèlent un esprit d^une singulière inconséquence. Il semble qu'on voie commencer ici, dans une àme peu maîtresse d'elle-même, l'effet malsain du pouvoir absolu^ Tant qu'il fut placé au second rang, obligé de surveiller chacun de ses actes et de peser chacune de ses paroles, Julien avait appris à pousser la prudence jusqu'à la dissimulation. Hais aujourd'hui que la fortune l'a élevé au rang suprême, il perd l'empire qu'il avait eu jusque-là sur sa volonté. Il ne sait plus résister à un premier mouvement. U devient incapable de retenir l'expression de sa haine et de ses colères, au risque de nuire à ses intérêts, de compromettre ce qu'il voudrait sauver, et de se mettre en travers de sa propre diplomatie.
Chose singulière, en effet, l'ambassade manquée de Léonas, l'épltre insultante de Julien, ne mirent pas fin aux négociations. L'état de demi-paix, demi-rupture, se prolongea pendant toute l'année 360, sans que ni Julien ni Constance ne se décidât à rendre infranchissable le