‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 130 sur 298 · Cf. Sozoroène, HisL eccL, II · texte numérisé non relu

Cf. Sozoroène, HisL eccL, II

<{uatrième région, et consacrée, comme tous les édifices de ce genre, à la promenade et aux affaires, avait été ornée par Constantin d'une statue de la Fortune, que recommandait probablement sa valeur d'art. Julien vint lui-même, en grande pompe, immoler des victimes au pied de cette statue ^

Pendant ce sacrifice eut lieu, si Ton en croit Sozomène^, une scène émouvante. Un vieillard aveugle, qu'un enfant menait par la main, s'avança vers l'em* pereur, et le traita d'impie, d'apostit, d'homme sans religion. « Tu es aveugle, lui répondit Julien; ce n'est pas ton dieu galiléen qui te rendra la vue. — Je rends grftces à Dieu, dit le vieillard, de me l'avoir enlevée, pour que je ne puisse voir ton impiété. » Julien garda le silence, et, sans sévir contre l'audacieux interrupteur, continua le sacrifice. Le vieillard était un évêque, Maris de Chalcédoine. Arien passionné, Maris s'était montré, au concile de Nicée, l'un des adversaires de la définition

1. Socrate, ITtf^ eccl., Ill, 11. — Tilleinoot, Mémoires, U VII, p. 326, «Dtend da palais impérial l'expression èv t^ ^aaiXix^ employée ici par Socrate. Henri Valois, dans sa note sur ce passage (reproduite dans Migne, Patr. Grae,, t. LXVII, col. 410, note 57), reconnaît au contraire dans ce mot la principale basilique de Conslantinople. II résulte, en effet, de Ubanins que Julien sacriBait d'une manière privée dans le palais, tandis que ISorrate le montre, ici, sacrifiant publiquement, Sy)(io9iqp, ce qui n'eût pas étéposfible au palais, et ce qui était facile dans une basilique ouTerte au peuple. — On pourrait encore admettre que le sacrifice ent lieu ailleurs, dans un petit édkule que Constantin, au dire de Zosime (IT, 10), éleva sur un côté du Forum de Conslantinople, pour abriter une statue de la Fortune de Rome, et qui faisait pendant à un autre édicule abritant de même la Rbéa du mont Dindyme, mutilée de manière à lui donner l'attitude d'une suppliante. Voir mon livre sur l'Ait païen sous les empereurs chrétiens^ p. 185*186.

2. Sozomène (V, 4) place celte scène 2v K(f)voTavTiyovic^e(i>; tecxicp. Évidemment il faut lire luxcic)). Cf. Socrate, 111, 11.

orthodoxe, et ne lavait signée que par peur de Constantin : on le trouve ensuite mêlé à toutes les entreprises de Farianisme, et l'un des plus ardents adversaires de saint Àthanase^ Mais les erreurs de doctrine ou de conduite n'avaient pas étouffé en lui le sentiment ctirétien, puisque, dès que )a nouvelle de la restauration officielle du paganisme eut passé le détroit , il accourut à Constantinople, mal^é son âge et son infirmité, pour protester publiquement contre l'apostasie de Julien.

Il eût été contraire à la dignité impériale d'exposer souvent celui-ci à de pareilles scènes, ou même de le donner fréquemment en spectacle. L'étiquette voulait que le prince sacrifiât dans son propre palais. La dévotion de Julien, qui le conduisait à être, dit Libanius, en conversation fréquente avec les dieux, le porta à faire de la résidence des empereurs de Constantinopte un véritable panthéon. Chaque dieu, ajoute le panégyriste, y eut son autel^. Il en est même un qui y eut son temple. Soit par la démolition, soit par l'adapta-* tion de quelque construction antérieure, on ménagea, au centre du palais impérial, l'emplacement d'un sanctuaire dédié « au dieu qui amène le jour, » c'est-à-dire au Soleil, sous la figure du dieu persique Mithra, et probablement au-dessous construisit -on le spelœum nécessaire aux initiations ^.

Rouvrant ou relevant partout les temples, en édifiant

1. Saint Alhanase, De synod,, 17 ^ 25; Apol, contra Arian.t 13, 72; saint Hilaire, Fragm. II, 2; Philostorge, IV, 12; Théodoret, 1, 28; II, 6; Socrate, I, 35; II, 18, 41; Sozomène, I, 21; 111, 10; IV, 24.

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