Julien, Ep, 2* ; dans Revista di filologia, 1889, p
4. Libanîus, Epitaphios Juliani; Reitlie, t. I, p. 564; cf. p. 617.
comparaison que nous trouvons dans la lettre déjà citée à la prêtresse Théodora : « Si quelque esclave aimé de toi s*unit à ceux qui t'outragent et te dénigrent, et se détourne de tes amis, ne souhaiteras-tu pas sa perte, et ne le châtieras-tu pas toi-même? Quoi donci les dieux sont-ils moins que les amis? Ce sont eux qui sont les maîtres, et nous les esclaves. Si donc quelqu'un de nous, qui nous disons les serviteurs des dieux, aimait un esclave qui les aurait en horreur et se détournerait de leur culte, celui-là ne serait-il pas obligé, en conscience, de travailler à la conversion de cet esclave, ou, en cas d'insuccès, de le chasser de la maison et de le vendre ^? » C'est ainsi que Julien s'efforce de guérir ses coreligionnaires, et surtout ceux qui sont revêtus du sacerdoce, de ce mal qu'il constate avec effroi, « la profonde indifférence que nous montrons pour les dieux ^. » Il leur inculque même un devoir nouveau, celui de convertir leurs esclaves, c'est-à-dire ou de les retenir sur la pente du christianisme, s'ils paraissent y glisser, ou de les ramener aux dieux, s'ils les ont déjà quittés. Ce souci de la religion de l'esclave est nouveau dans le monde païen. Quelques stoïciens paraissent l'avoir eu, au moins en théorie^, mais leurs paroles n'avaient aucun écho. Au temps où le paganisme était florissant, ses chefs s'inquiétaient peu de ce que croyaient les esclaves. On punissait ceux d'entre eux qui s'étaient faits chrétiens, quand les édits commandaient de punir tous les chré-