Jbid.; Neamann, p
soumettent volontiers aux dominations les plus despotiques^? » De ces faits plus ou moins exacts, Julien tire les conséquences : « Si Dieu, dit-il, n'a pas établi sur chaque nation, pour la gouverner, un géoie ou un démon sous ses ordres, et une race spéciale d'àmes qui obéit et se plie à des êtres supérieurs, d'où résulte la différence des lois et des coutumes, qu'on me montre de quelle autre cause elle peut provenir. » Il conclut qu'à côté du « maître commun de l'univers » il y a « les autres dieux, préposés aux nations et placés sous ses ordres, comme les ministres d'un roi, » et « s*acquittant chacun de leurs fonctions d'une manière différente ^. »
Les théories qui viennent d'être exposées, si on les presse et qu'on leur fasse rendre toute leur logique, aboutissent à considérer les différences des religions, des institutions, des tempéraments, de la morale elle-même, chez les divers peuples, comme étant de droit divin. Chaque nation est marquée ainsi d'un caractère immuable, dont elle ne peut s'affranchir. Hais ce principe conduit à nier, d'abord, l'unité de Tespèce humaine. A ceci Julien ne répugne pas. « Si les dieux ont pu produire un seul homme et une seule femme, ils étaient aussi capables de créer plusieurs hommes et plusieurs femmes : création aussi facile, et qui expliquerait la diversité des mœurs et des lois ^. » Julien finit par se ranger & cette hypothèse. « Au cas où la race entière serait sortie d'un couple unique, les lois ne présenteraient pas sans doute. cette variété ^. » La terre, d'ailleurs, eût