Oratio VII ; Herllein, p
Dans son écrit Contre les chiens ignorants, c'est-à-dire contre les faux et mauvais cyniques, — composé en deux jours ^, vers le milieu de 362 2, — Julien se déclare formellement le disciple de Diogène et de Cratès. A entendre ses paroles à la lettre, il aurait même reçu, à ce titre, une sorte d'investiture, et célébré par une cérémonie quelconque son entrée dans la confrérie des cyniques. « Nous avons, dit-il, pris le bâton ^. » Dans Téclectisme de Julien, la philosophie cynique se rattache aux directions platoniciennes : « Platon, par ses discours, a proclamé les principes : Diogène les a mis en pratique ^. » Cette philosophie peut se résumer en quelques mots. L'homme aspire au bonheur. Or, « le bonheur est dans la connaissance ; les dieux sont heureux, non par la possession des plaisirs et des richesses, mais parce qu'ils se connaissent eux-mêmes ^ .» Le fond de la philosophie, c^est donc de se connaître, comme le dit l'oracle de Delphes : « Connais-toi toi-même ; » et son but, c'est de vivre conformément à la nature ^. Vivre conformément à la nature est tout le cynisme. Ses adeptes savent que « l'homme est un demi-animal,... composé d'une partie mortelle et d'une partie immortelle ,» ou, plus simplement, par une définition qui rappelle un mot célèbre de Bonaid, que « l'homme est une âme qui se sert d'un corps ^. » Aussi domptent-ils leur corps, afin de l'asservir complètement à l'âme, et d'acquérir ainsi la vraie liberté
1. '£<rrt Yop napepYov i^piipociv 6uotv. Oratio VI; HeFtlein, p. 263.