‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 224 sur 298 · Voir Saint Basile^ p · texte numérisé non relu

Voir Saint Basile^ p

des erreurs, Tapologie du cynisme par Julien fait voir tout de suite le terrain nettement spiritualiste où il place sa morale. Le sage qu'il rêve ressemble peut-être assez peu au Diogène de Thistoire ; mais il n'en donne que mieux l'image du parfait honnête homme. Et comme le premier devoir de l'honnête homme est envers la Divinité, ce sage est avant tout religieux.

On remarquera avec surprise que Julien, quand il n'essaie pas de traduire les rêveries néoplatc!ii'*'<»!nnas sur les dieux, ou ne cherche pas à édifier laborieusement des systèmes théologiques autour des divinités bizarres dont son esprit est comme fasciné, parle très raisonnablement et très simplement sur Dieu. Il a des mots d'un accent presque chrétien, comme celui-ci : « L'essence de la Divinité çst d'aimer les hommes*. » Et il semble prêt à rendre à l'Être divin amour pour amour. « Je crains les dieux, dit-il, je les aime, je les vénère, je les adore, j'éprouve pour eux ce que l'on ressent pour de bons maîtres, pour des précepteurs, pour des parents, pour des protecteurs^... » I^ confiance en Dieu, l'abandon à sa providence, sont exprimés avec non moins de force. « Il n'est pas vraisemblable que l'homme qui se tourne vers TËtre suprême soit entièrement négligé et délaissé par lui; Dieu plutôt lui tend la main, lui donne la force, lui inspire le courage, lui met dans Tesprit ce qu'il faut faire et le détourne de ce qu'il ne faut pas faire ^. » L'écrit d'où ce dernier passage est tiré fut, il est vrai, composé aune époque où Julien faisait encore profession extérieure

1. 4>v<ret ftXavOpcMcov 5v t6 Oeîov. Fragment d'une lettre; Hertlein, p. 372.

Page 1