Libanius, Epitaphios Juliani ; Keiske, t. I, p
LA MORAU. 271
c'est un animal tout à fait terrestre, qui ne regarde jamais le ciel. Julien consacre plusieurs pages à exposer cette réglementation et cette casuistique puériles^: puis, s'élevant tout à coup à des considérations d*un autre! ordre, il donne de Tabstinence des motifs que ne désavoueraient pas les religions les plus spiritualistes et les plus raisonnables. Son mérite sera dans la volonté, qui aura pris plus de soin du salut de l'âme que de la conservation du corps; et, par une juste récompense, cette disposition de la volonté tournera au profit de la santé corporelle. Invoquant « l'avis de tous les disciples d'Ësculape, » Julien conclut « que, dans l'abstinence, non seulement Tàme, mais le corps, trouve un puissant moyen de secours et de salut ^. » Il semble qu'un juif ou un chrétien n'aurait pas mieux dit; mais on remarquera que la conclusion est beaucoup plus sensée que les prémisses. On remarquera aussi que Julien prend plaisir à se vanter de ses abstinences : aux habitants d'Antioche, qui veulent voir leurs marchés approvisionnés de viandes, de poisson et de volaille, il rappelle que lui ne se nourrit que de légumes ^; bien qu'il ait beaucoup lu l'Évangile, le Ne videaris hominibus jejunans du Discours sur la montagne ^ est tout & fait sorti de sa mémoire.
On ne peut terminer l'étude des doctrines morales de Julien sans rechercher ce qu'il pensa de l'esclavage, que les sages, même païens, avaient déjà condamné ^, et que