Sozomène, V
LE IIAPPEL DKS EXILÉS. 289
générât en licence, et accrût les divisions : ce résultat obtenu, il n'aurait plus à craindre, pour ses entreprises ultérieures, une résistance unanime du peuple chrétien*. » L'expérience d'un siècle déchiré par l'hérésie l'encourageait dans cet espoir mauvais. Il avait remarqué, continue Ammien, citant sans nul doute un propos de Julien lui-même, que « les bétes féroces ne sont pas plus acharnées contre les hommes, que ne le sont les uns contre les autres la plupart des chrétiens ^. » Il ac« cordait ainsi la liberté, non comme un fortifiant, mais comme un dissolvant et un poison. La suite de cette histoire montrera s'il fut ou non trompé dans ses prévi* sions.
Toujours dans le même dessein, et aussi, selon la remarque d'un historien, « afin d*étaler à tous les regards la dureté de Constance et de le diffamer auprès du peuple^, » Julien promulgua^ dans les derniers jours de 361 ou les premiers mois de 362, un édit rappelant les évêques de toutes les opinions exilés par son prédécesseur, et restituant leurs biens confisqués ^.
Le plus grand nombre de ceux qui avaient été ainsi frappés, et qui devaient bénéficier de ce rappel, étaient des orthodoxes, coupables aux yeux de Constance d'avoir avec Âthanase, Mélèce d'Antioche, Eusèbe de Verceil, Lucifer de Cagliari, défendu contre Tarianisme les définitions du concile de Nicée. Les évêques du tiers
1. a Quod a^ebat ideo obstinate, ut dissensiones augente licentia, non timeret unanimaolem poslea plebem. » Amraien Marcellin, XXII, 5.
2. « Nullas infestas hominibus bestias, ul sunt sibi ferales plerique cbrisUanoruin, eipertus. » Ibid»