‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 254 sur 298 · Jbid · texte numérisé non relu

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schismatiques. Exilés depuis 348 par Tempereur Constant, les prélats donatistes n'étaient pas visés par la loi qui rappelait les bannis de Constance. On pourrait dire qu'ils n'avaient pas été punis seulement pour cause religieuse, puisque dans la première moitié du siècle l'Afrique romaine avait été saccagée par les enfants perdus du donatisme, les circoncellions, qui transformèrent le schisme en une sorte de guerre sociale. La dispersion depuis quatorze ans des chefs et des principaux soldats de la secte maintenait seule la paix dans les provinces africaines. Cette opération de police un peu rude était autant, semble-t-il, dans l'intérêt de l'État que dans celui de l'Église. Mais le retour des évéques donatistes serait pour celle-ci un nouvel élément de désordre. Aussi Julien, sans rechercher si ce désordre ne s'étendrait pas à la société civile, accueillit-il tout de suite la requête par laquelle ils lui demandèrent de les faire profiter du bénéfice de l'amnistie, en leur permettant de rentrer dans les villes d'où Constant les avait expulsés.

Cette requête était rédigée en des termes qui ont excité l'indignation des écrivains orthodoxes. L'empereur qui venait d'abjurer le christianisme et de rouvrir les temples Y était célébré comme <( le seul homme qui ait fait enfin triompher la justice ^ w A l'aide de ces flatteries, on osait lui demander plus qu'il n'avait accordé aux évéques bannis par Constance. Tandis que ceux-ci, de retour dans leurs Églises, n'avaient pas la faculté de réclamer contre la situation dans laquelle ils les trouvaient, et de reprendre les lieux de culte passés en d'autres mains.

1. Saint Optât, De schUnu dona^, II, 16; Saint Augustin, Ep, 105; Contra litU Petil.y H, 83.

les donatistes revendiquaient les basiliques qui, sous Constant, avaient été reprises par les catholiques. Julien leur octroya toutes leurs demandes. Lui qui contestait à Âtbanase le droit d'exercer de nouveau les fonctions épiscopales, concédait aux évèques donatistes une véritable restitutio in integrum^ les rétablissant dans l'état d'où Constant les avait fait déchoir en 3^8. Les termes du rescrit de Julien furent aussi bienveillants pour eux que ceux de leur requête avaient été flatteurs pour le prince. Quand l'empereur Honorius, en 400, voudra perdre les donatistes dans l'opinion de tous les chrétiens, il ordonnera de tirer ces pièces des archives provinciales et de les affichera

Julien ne s'était pas trompé dans ses prévisions. La rentrée des évèques donatistes ralluma la guerre religieuse en Afrique. Avant même d'avoir fait enregistrer dans les greffes des diverses villes l'édit qui les rappelait, les prélats schismatiques et leur clergé, autour desquels s'était réunie de nouveau la tourbe des gens sans aveu, des colons ruinés, des esclaves fugitifs, qui formaient avec les fanatiques de bonne foi l'armée de la secte, avaient tenté de chasser les catholiques et de s'emparer de leurs églises. En Numidie, dans les deux Mauritanies, dans la province proconsulaire, on vit d'affreux carnages et des profanations épouvantables. Autels brisés, calices mis en pièces, catholiques maltraités ou tués» vierges outragées, cimetières envahis 2, il n'est pas un des attentats par lesquels avaient été déshonorés les temps de persécution qui ne se soit renouvelé dans ces tristes

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