Ammien Marcellin, XV, 12; Sulpice Séfère, Dialog., I
de la langue décadente que l'on écrivait ou que Ton parlait alors : ajoutons que le palais universitaire d'Âutun, entouré de portiques sous lesquels était peinte la carte en couleurs de TEmpire romain, devait avoir grand air : et si Ton doit juger de Timportance des fonctions par celle du traitement, le recteur, qui touchait 600.000 sesterces (120.000 francs) par an, devait être un très gros personnage ^
Il y eut donc, à partir du second siècle, ou même des dernières années du premier, un haut enseignement officiel. Mais il ne gêna en rien les mouvements de renseignement libre. En face des écoles fondées par FÉtat ou par les villes, ouvrait qui voulait une école de rhétorique, de philosophie ou de grammaire. La concurrence était parfois très vive, et ne tournait pas toujours à l'avantage des professeurs officiels. Vers Tâge de vingtcinq ou vingt-six ans, Libanius, qui devait devenir un des plus célèbres rhéteurs du quatrième siècle, avait ambitionné une des chaires que l'État entretenait à Constantinople, et dont le titulaire était nommé par l'empereur. Un autre candidat lui fut préféré. Résolument, Libanius ouvrit un cours libre de rhétorique. Les auditeurs affluèrent. On désertait pour l'entendre les spectacles et les courses. Au bout d'un mois, il eut quatre- Adngts élèves, tandis que Técole de son rival demeurait vide. (( Lui, c'est l'empereur qui le nourrit, disait-il; moi, ce sont les pères de mes élèves qui me font vivre ^. » Les autorités de Constantinople ne voulurent pas en avoir le démenti. On destitua le professeur maladroit, et