‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 44 sur 298 · Mamertin, /. c · texte numérisé non relu

Mamertin, /. c

5. « Camque ad locom yenisset unde navigari posse didicit flamen. » Ammien Marceliin, XXI, 9.

quMl avait noaé des intelligences avec quelques-uns au moins de ses chefs, car il se trouva, comme par hasard, qu'un grand nombre de navires étaient mouillés à Tendroit où il atteignit le fleuve, et il n'eut, en quelque sorte, qu'à étendre la main pour les prendre ^ Comme de la capture de ces navires dépendait en grande partie le succès de son entreprise, on croira volontiers que le hasard ne les avait pas seul assemblés en ce lieu . Julien s'y embarqua aussitôt avec ses soldats. Au rapport d'Ammien Harcellin, on navigua sans bruit, rapidement, ne s'arrëtant devant aucune ville, soit pour s'y ravitailler, soitpour la conquérir, etl'on put ainsi^ en quelques jours, arriver & Timproviste au cœur delà Pannonie^. Hamertin, qui était de Texpédition, mais qui, panégyriste, avait intérêt & embellir et à amplifier toute chose, raconte la navigation d'une manière bien différente. Il montre la flottille s'avançant noblement sur le fleuve, avec le vent dans les voiles, au bruit des rames qui frappent l'eau en cadence. Debout à la poupe de son navire, le prince reçoit les députations des villes que Ton traverse, et leur distribue les faveurs^ les richesses, les privilèges ^. Pendant qu'il passe ainsi, comme une sorte de dieu (utélaire, béni par les Romadns de la rive droite, les Barbares de la rive gauche restent immobiles, ou même s'agenouillent comme frappés de terreur ^ Un autre contemporain, saint Grégoire de Nazianze, a décrit aussi la navigation de Julien, mais en termes moins épiques, qui se rapprochent plus du langage d'Ammien que de celui de Hamer-

1. • Lembis adaccnsis, quos opportane sors dederat plurimos. » Ibid.

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