Ammien Marcellin, XXI
pour donner leur nom à l'année suivante, deux des compagnons de son aventureuse expédition, le rhéteur Mamertin, qu'il avait déjà fait en quelques mois intendant du trésor et préfet du prétoire d'IUyrie, et le maître de la cavalerie Nevitta. Celui-ci était un Barbare : Julien avait déjà oublié les reproches qu'il venait d'adresser avec tant de violence à la mémoire de Constantin ^
Si ces nouvelles parvinrent à Constance, elles expliquent peut-être la hâte qu'il montra de quitter Ântioche €t de marcher contre son insolent rival. La situation, à première vue, était loin d'être perdue pour lui. Il avait déjà une armée en Thrace, peut-être plus nombreuse que celle de Julien, puisqu'une partie de cette dernière était occupée autour d'Aquilée ; il en amenait une autre avec lui, qui depuis plusieurs mois tenait tête aux Perses, et par conséquent était suffisamment aguerrie. Cependant tous les gens de son entourage le dissuadaient de se mettre si tôt en route. Ce n'était pas la difficulté de l'entreprise, mais l'état de sa santé, qui causait leurs alarmes. Il n'avait que quarante-quatre ans^ ; cependant, si l'on en croit Âmmien, la fatigue, les soucis, causés par la double guerre civile et étrangère dont il venait d'avoir tout ensemble à soutenir le poids, avaient ébranlé son intelligence, jusque-là très nette et très lucide. On pouvait apercevoir maintenant dans ses propos, dans ses ma-