‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 85 sur 298 · Ammien Marcellin, XX · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XX

5« Voir t. I, p. 261, 365.

LES REPRÉSAILLES. 10 f

ses propos : Libanius raconta qu'Ursule fut sacrifié à la colère de toute Farmée, qu'il avait frauduleusement privée des largesses du prince ^ C'était tout juste le contraire de la vérité, puisque c'est en partie à Ursule que l'armée, en Gaule au moins, avait dû de recevoir la solde et les distributions accoutumées. Julien, d'ailleurs, n'était pas lié par la sentence du tribunal, ou par l'opinion des chefs militaires qui en faisaient partie : il avait, comme tout souverain, le droit de faire gr&ce. Il n'eut pas le courage d*en user^. Il se crut assez généreux en exemptant de la confiscation une partie du patrimoine du condamné, et en permettant à la fille d'Ursule de la recueillir 3. Ce procès, qui fait peu d'honneur au nouvel Auguste, montre en même temps la valeur morale des tribunaux d'exception, créés pour une besogne politique : les hommes les plus considérables y sont condamnés sur un propos en l'air, par rancune, en l'absence de tout crime ou de tout délit. Le procès d'Ursule avait été présidé par Arbetio, qui avait conduit les débats, dicté la sentence, les autres juges paraissant se désintéresser du résultat et ne siéger que pour la forme ^.

Les dernières condamnations prononcées par le tribunal devaient être mieux reçues de l'opinion publique. Apodemius, l'un des auteurs de la mort de Gallus et de celle de Silvain, fut brûlé vif ^ : c'était, dit Ammien, un ennemi opiniâtre et persévérant de tous les gens de bien ^.

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