‹ Julien l'Apostat (volume 4)Chapitre 88 sur 298 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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son entrée à Constantinople, Julien avait rappelé Jovinus, dont il estimait les services plus utiles près de sa personne, et Tavait remplacé à la tète des assiégeants par le comte Immo. Celui-ci, conformément aux instructions reçues, renonça aux assauts et à l'espoir de prendre la ville de vive force, et transforma le siège en blocus. Dans l'espoir de réduire les habitants par le manque d'eau, il détourna le cours de l'Isonz, qui traversait la ville ^ ; mais les puits que renfermait celle-ci suffirent aux assiégés. Il semblait que rien ne fût capable de vaincre leur opiniâtreté et leur incrédulité, quand Julien se décida à envoyer vers eux le maître de Tinfanterie Âgilo, dont le renom d'honneur et de probité aurait peut-être raison de leur défiance. C'est ce qui arriva en effet : attestée par lui, la mort de Constance fut d'abord rejetée encore une fois par les habitants comme une fausse nouvelle ; mais après qu'avec leur autorisation il fut entré seul, sans escorte , dans la ville et eut renouvelé devant eux son affirmation, ils crurent enfin. Cessant alors une résistance poursuivie avec intrépidité pendant deux mois, ils firent, les derniers de tous, adhésion au nouveau règne ; mais, avec la mobilité habituelle aux foules, ils se tournèrent aussitôt contre ceux qui avaient jusque-là dirigé leurs efforts, et livrèrent aux officiers de Julien le tribun Nigrinus, avec quelques-uns de ses auxiliaires, parmi lesquels deux curiales, Romulus et Sabostius ^.

A d'autres époques, et sous d'autres régimes, ces prisonniers eussent probablement été déclarés innocents.

1. <f Natiscone aroni prœterlabente. » Ammien Marcellin, XXI, 12.

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