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biens des proscrits. Voici ce que nous ordonnons : s*ils sont riches, ils seront proscrits eux-mêmes; si leur pauvreté les rejette dans la vile lie du peuple, ils encourront la peine capitale ^ »
On s'étonne que la loi du 26 mars échappe aux historiens qui célèbrent les vertus philosophiques de Julien. Au moins ne Tai-je jamais vue citée. Apparaissant ainsi presque au début du règne, au lendemain et comme sanction de ses premières rigueurs, elle jette une lueur sinistre sur le caractère et sur les actes futurs du prince. Hâtons-nous de dire que tout ne fut pas aussi blâmable dans les mesures précipitées qui marquèrent sa prise de possession du pouvoir. A côté des représailles, il y eut les réformes. Beaucoup de celles-ci, bien que faites avec trop d^ostentation, étaient probablement utiles. La population du palais dépassait toute mesure. A en croire Libanius (mais, en matière de chiffres, nul n'est moins précis que lui), il y avait à la cour de Constantinople mille cuisiniers, autant de barbiers, encore plus d'échansons : les eunuques y étaient aussi nombreux que
1. <f Quidam scélérate proscriplorum facullates occultant. Hos praBcipi- UBS, si locupletes siot, proscriptione puniri; si per egestatem abjecli sunt in fœcem viUtatemque plebeiam, damnatione capitali débita luere detrimenta. » Code Théodosien, IX, xlii, 5. — On peut se demander si, dans les rigoureuses mesures relatives aux pauvres gens qui auraient aidé à dissimuler les biens des proscrits, il n'y aurait pas la pensée d'obvier à des distributions telles que celle que, si l'on en croit leur Passion, Jean et Paul, avant leur martyre, firent de leurs biens aux pauvres de Rome.
les mouches en été ^ Tous les gens qui voulaient être nourris sans rien faire achetaient quelque charge de la domesticité impériale ^. Julien chassa résolument cet essaim d'inutiles ^. « Je n'ai pas besoin d'eunuques, dit-il, puisque je n'ai plus de femme et que je n'ai pas dessein de me remarier; tous ces cuisiniers sont pour moi superflus, car je me contente de la nourriture la plus simple ; à quoi bon tant de barbiers, puisqu'un seul suffit au service de plusieurs personnes ^? » On raconte que, lors de son arrivée à Constantinople, il avait voulu se faire couper les cheveux. Un personnage somptueusement vêtu se présenta. « Je n'ai pas demandé un intendant des finances ou un sénateur, mais un barbier, » dit Julien en le regardant avec surprise ^. S'informant des gages de ce fonctionnaire^ il apprit qu'on lui comptait la nourriture quotidienne de vingt hommes et de vingt chevaux, plus un traitement annuel, et de nombreux profits. Débarrasser le service du prince de tels parasites était certainement faire œuvre utile.
Peut-être Julien fut-il moins bien inspiré en supprimant, ou au moins en réduisant considérablement '', les scholœ des secrétaires {notarit), des employés ordinaires de la police impériale [agentes in rébus), et de ces inspecteurs, les ciiriosi 7, devenus peu à peu dans les provinces des surveillants politiques en correspondance directe avec le prince. L'expédition des affaires et même