CHAPITRE V
Cet autre, Pompéius, habile dans l’art de dénoncer et de calomnier, est « un scélérat qui, d’un mot glissé à l’oreille du maître, a fait couper la gorge à quantité de gens *. »
Ce trait n’a rien d’exagéré. Ouvrez les ylwwa/es et les Histoires de Tacite, et vous verrez que, sous l’empire, Rome pullulait de misérables de l’espèce de Pompéius *.
Cet autre, Fuscus, commandant de la garde prétorienne sous Domitien, et destiné à périr plus tard dans une expédition contre les Daces, était un soldat sans aucune expérience des-alfaires de la guerre, que Tacite nous dit s’être fait nommer sénateur fort jeune encore, tant il était ami du repos « C’était, fait remarquer Juvénal, dans sa villa de marbre qu’il avait fait ses éludes militaires *, » raillant ainsi un de ces faux héros comme on en trouve toujours dans beaucoup de cours. Ils n’ont jamais vu le feu, comme on dit, mais leur étoile leur tient lieu de bravoure et de mérite. Comblés d’honneurs et de faveurs comme Fuscus, ils exercent une influence qui est souvent en raison directe de leur incapacité ou de leur impopularité.
Deux encore, un couple abominable du temps de Domitien, Catidlus Messalinus et Fabricius Véienton, accourus, eux aussi, pour prendre part à la délibé-
' Sævior illo
Pompehis tenui jugulos aperire susurra.
•La France révolutionnaire a eu, elle aussi, ses Pompéius. Sous le régime à jamais néfaste de la Terreur, ils ont fait couper la gorge à plus d’un honnête citoyen.
^ Uist., 11 , Lxxxvi.
* Fuscus, marmorea meditatus prœlia villa.