‹ Juvenilia, uvres posthumes, reliquiæChapitre 25 sur 123 · La langue française en Belgique. [F' 356 r · texte numérisé non relu

La langue française en Belgique. [F' 356 r

— Style des rares livres qu'on écrit ici.

— Quelques échantillons du vocabulaire belge \ On ne sait pas le français, p^nonne ne le sait, mais

tout le monde affecte de ne pas savoir le flamand. C'est de bon goût. La preuve qu'ils le savent très bien, c'est qu'ils engueulent leurs domestiques en flamande

Variantes du sommaire : [F' 135]

— Style . . . vocabulaire belge.

— Personne ne sait le français, mais il est de bon goût ci'affecter de ne pas savoir le flamand. La preuve ... en flamand.

[Au-dessous : ]

Ça ne me goûte pas.

Je n'aime pas ça. — Moi bien.

Majorer.

Je ne sais pas dormir.

Viens-tu avec ?

Etc. , etc. . .

Bruxelles. [F' 136]

Caractères généraux.

Politique.

Je maintiens Essetançonner.

(Verhaëgen [sicj , fondateur d'une université Libre.)

Bruxelles. [F' 137]

Caractères généraux.

Mœurs.

Devant les Kaulbach d'après Werther.

Deux Belges. L'un dit à l'autre : C'est de la mythologie, ça?

Tout ce qu'ils ne comprennent pas, c'est de la mythologie.

II y en a beaucoup.

Petites cocasseries. [F' 13^]

Style beige.

M. Reyer approche d'avoir terminé.

Cocasseries. [F' 139]

Deux Anglais me prennent pour M. Wiertz.

Le perroquet peint de la Montagne aux herbes potagères.

Milady, si tu fais un geste, tu...

Bruxelles. [F' H»]

Cocasseries.

Dans la rue Nuit et Jour, à l'occasion d'une kermesse de quartier, une lanterne :

— Madame, dit Athos, si tu /ait < résistance > un geste, je te fait sauter la cervelle.

Monsieur, tu vas aller tout droit...

po ŒUVRES POSTHUMES.

Cocasseries. [F' 14.1]

Correspondances cocaces [sic] de VO^ce de publicité. Demander à Arthur.

Echantillons de style belge, à trouver dans le catalogue de parfumerie.

Pro refrigerio animœ suce.

Traduction de M, Wauters.

Bizarre latin des inscriptions.

Jardin de zoologie , d'horticulture et d'agrément,

La tombe de David (où?).

Puisqu'on est venu chercher les restes d'un obscur Cavaignac, on aurait bien pu penser à David, qui fut illustre et exilé aussi.

Petites cocasseries [Feuillet de la collection

Belges. ^°"^'^ ^^^'^-l

Liste de souscription pour les victimes de la Catastrophe de Dour.

Un protestant conti-e l'Encychque, — 10 francs, — lequel suppose probablement qu'il <y a identité entre la Charité > est nécessaire de haïr le pape pour être charitable, et que le <même mot, dans la même phrase> mot un est un substantif <sufrisant>.

Bruxelles. [F' 142]

Santé, Maladies.

L'ophtalmie, que les Belges nomment généralement hopitalmie.

Bruxelles. [F' 143]

Style belge.

Le Grelot dit, en parlant de Napoléon III : «On le dit très malade. Peu nous importe. II mourra de ce qu'il doit mourrir [5îc] » — pour de ce qui doit le tuer.

D'ailleurs quand on dit ici que l'Empereur se porte bien, on passe pour mouchard. Il est d'usage, chez les gens de bonne compagnie, de dire qu'il est très malade.

Conformité belge.

Obéissance belge.

Moutonnerie belge.

Les amis de Proudhon lors de l'émeute, figure de réthorique [^îc].

Bruxelles. [F' 144]

Mœurs.

Le sieur Altemeyer [52c]. « Ça, j'admire. »

<Prétropob...>

Prêtrophobie.

Jurons. Libre penseur; c'est tout dire.

La fille d'Altemeyer : «J'ai collé Proudhon ».

Mad. de Staël et le professeur allemand.

Sues eum non cognoverunt.

Bruxelles. [F" 14,5-146]

Locutions Belges.

Maladies confidentielles.

<J'ai> Mon âme a beaucoup travaillé sur ce mot Belge.

Confidentielles me paraît absurde; car bien qu'il soit vrai que ces maladies ne se communiquent que dans le secret et le privé, il est bien certain que, chez les Français du moms, on n'annonce pas à l'avance, même quand on la

sait, soi-même, la confidence en question à l'être à qui on <Ia> désire la communiquer.

Joie et triomphe! Eureba! Cette locution dérive probablement du caractère excessivement prude, bégueule et délicat de ce subtil peuple Belge ! — Ainsi je suppose que dans le grand monde de Bruxelles, une jeune fille ne dit pas :

Cejewxe homme yn a foutu la vérole,

— et qu'un jeune homme ne dit pas, en parlant d'une fille bien élevée :

Elle m'a poivré !

Ils préfèrent dire, l'une : — Ce jeune homme m'a fait une confidence bien cruelle! <et rautre> ou bien : Ce jeune homme m'a fait une confidence si horrible, que les cheveux m'en sont tombés!

Et l'autre : Elle m'a fait une confidence dont je me souviendrai longtemps! ou bien : Je lui ai fait ma confidence! sa postérité s'en souviendra jusqu'à la troisième génération !

O bons pharmaciens belges ! J'aime passionnément votre dictionnaire, et reuph<misme>èmisme [sic] domine, dans <votre éloquence> vos réclames !

Bruxelles. [F' 147]

Mœurs.

Locutions belges.

Chercher un petit livre à l'usage des Belges, contenant les

Ne dites pas... mais dites...

Ça ne me goûte pas.

Goûtez-vous ça?

Savez-vous ?

S'ous plaît? (plus abrégé que le vaudevillisme)

Pour une fois.

Poser un acte (histoire du fossoyeur).

Maladies confidentielles.

La divagation des chiens.

(Hydropbobie {rage)^

Hopitalmie.

Savoir, pour pouvoir :

Quand partez-vous? — Je ne sais pas partir. — Pourquoi? — Je n'ai pas d'argent.

Je n'ai pas su dormir.

Je ne sais plus manger.

Bruxelles. [F' H^]

Locutions Belges.

Le ministère vient de poser un acte qui...

Ce ministère, <en cinq ans> depuis qu'il dure, n'a pas encore posé un seul acte.

Un fossoyeur a <ouvert une> déterré une bière, fracturé la bière , violé le cadavre ( autant qu'on peut violer un être inerte) et volé les bijoux enterrés avec le mort. — L'avocat du fossoyeur : « Je prétends démontrer que mon client n'a ■posé aucun des actes qu'on lui reproche. »

Ah ! Victor Joly a bien raison de leur conseiller de laisser le français et de rapprendre le flamand. Mais le malheur est que V. Joly est obhgé <de> d'écrire cela en français.

Locutions Belges. [F' 149]

Lettre d'un solliciteur interrogé sur ses opinions.

[Coupure de journal.]

Gand, 8 juillet 1864..

Dans les temps où nous vivons, il Jaut se décider, Qii'êtes-vous ? Libéral ou Ultramontain? Pous comprenez que lorsqu'on a à choisir entre deux candidats on donne la préférence à son ami politique. Cela est si naturel, monsieur! Allons, dites-moi, à quel parti appartenez-vous ?

Je l'écoutais avec stupéfaction. Je pouvais , en palliant un peu la vérité, me conserver les sympathies de cet homme qui disposait d'un grand crédit. Je n'avais posé aucun acte qui pût inexorablement me classer dans l'un ou l'autre camp : mais tandis que lui me parlait avec cette franchise que je ne pouvais m'empêcher d'admirer, pouvais-je moi mentir à ma conscience et m'bumilier devant lui ? Je voulus être franc avec lui comme il l'était avec moi.

Locutions belges. [F' 150]

[Coupure de Journal.]

Passons donc carrément à autre chose, au langage qui court les rues.

Pour Dieu , ne dites donc plus ;

A la Zoologie . . .

Oui, sûr . . .

Quelle jolie calvacade ! . . .

Si j'aurais su ça !.. .

Ça est une fois drôle !

Si vous pourreriez ou si vous pouvreriez . . .

Sur ma chambre . . .

Venez-vous avec?. . .

Je l'ai parlé . . .

Je m 'en rappelle . . .

Je l'ai répondu . . .

Dans toute l'acceptation du mot. . .

Oui, savez-vous . . .

Etc. , etc. . .

Parlez le flamand ou le français, mais gardez-vous, nous vous en prions, de parler ces deux langues ensemble.

Oh ! si vous saviez combien ce langage défigure une jolie bouche, et quel coup d'assommoir on reçoit, lorsqu'on entend dire :

Voilà une belle potograpbie pour une belle photographie , ou un œuf d'autriche pour un œuf d'autruche.

Dites au moins :

Au Jardin Zoologique. . .

Oui , sûrement . . . («' vous y tenez , car oui suffit).

Quelle jolie cavalcade ! . . .

Si j'avais su cela !

Si vous pouviez . . .

Dans ma chambre . . .

Venez-vous ? . . . ( ou ) Venez-vous avec moi ? . . .

Je lui ai parlé, , ,

Je me le rappelle . . .

Je lui ai répondu . . .

Dans toute l'acception du mot...

Oui...

[F' 120, fragment]

— Les Belges font semblant de ne pas savoir le flamand ; mais la preuve qu'ils le savent, c'est qu'ils engueulent leurs domestiques en flamand.

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