Bruxelles
— Physionomie de la rue.
— Premières impressions.
— On dit que chaque ville, <ef cjue chaq...> que chaque pays a
trottoirs, même quand il pleut à flots. Manie nationale, universelle.
Fadeur générale de la vie. Cigarres [sic'\, légumes, fleurs, fruits, cuisine, jeux, cheveux, tout est fade , tout est triste, insipide, endormi. La physionomie humaine, vague, sombre, endormie. Horrible peur, de la part du Français, de cette contagion soporeuse.
Les chiens seuls sont vivants; ils sont les nègres de la Belgique''.
Bruxelles, beaucoup plus bruyant que Paris; le pourquoi. Le pavé, irrégulier; la fragilité et la sonorité des maisons; l'étroitesse des rues; l'accent sauvage et immodéré du peuple; la maladresse universelle; le sifflement national (ce que c'est), et les aboiements des chiens\
Peu de trottoirs, ou trottoirs interrompus (conséquence de la liberté individuelle, poussée à l'extrême). Âff'reux pavé. Pas de vie dans la rue. — Beaucoup de balcons, personne aux balcons. Les espions, signe d'ennui, de curiosité et d'inhospitalité\
Variantes du sommaire .- [F' 22]
son odeur. Paris, dit-on, sent le chou aigre. Le Cap sent le mouton. L'Orient... et la charogne.
Bruxelles... savon noir. Les chambres sentent le savon noir avec lequel elles ont été lavées. Les lits sentent le savon noir, ce qui engendre l'insomnie pendant les premiers jours. Les trottoirs... savon noir.
— Fadeur universelle de la vie. Cigarres, légumes, fleurs, cuisine, cheveux, yeux. Tout semble fade, triste et endormi. La physionomie... endormie. Horrible peur de devenir bête. Les chiens seuls sont vivants. Nègres de la Belgique.
— Bruxelles , beaucoup plus bruyant que Pans, à cause du pavé, de la fragilité et de la sonorité des maisons, de l'étroitesse des rues, ie l'accent du peuple, de la maladresse universelle, <er enfny du sifflement national et des aboiements des chiens.
— Les Espions, signe d'ennui, de curiosité doublée de paresse, de iéjiance et d'inhospitanté.
Tristesse d'une ville sans fleuve.
Pas d'étalages aux boutiques. La flânerie, si chère aux peuples doués d'imagination, impossible à Bruxelles. Rien à voir, et des chemins impossibles \
Innombrables lorgnons. Le pourquoi. Remarque d'un opticien. Etonnante abondance de bossus^
Le visage belge ou plutôt bruxellois, obscur, informe, blafard ou vineux, bizarre construction des mâchoires, stupidité menaçante".
La démarche des Belges, folle et lourde. Ils marchent en regardant derrière eux", et se cognent sans cesse.
Caractères généraux. Bruxelles. [F' 23]
Les odeurs des villes. Paris, dit-on, sent le chou aigre. Le Cap sent le mouton. L'Orient sent le musc et la charogne. Francfort...?
Bruxelles sent le savon noir.
Le linge. Insomnie causée par le savon noir.
Peu de parfums.
Peu de ragoût.
Fadeur universelle dans les cigarres [51c], les légumes, les fleurs (printemps arriéré, pluvieux, chaleur lourde et molle de l'été), les yeux, les cheveux, le regard.
Variantes du sommaire : [F' 22]
Peu de... interrompus. — Affreux pavé... personne au balcon
Tsing.]. — Une ville sans fleuve. — Pas d'étalages devant les boutiques. — Flânerie, si chère aux peuples imaginati/i, impossible.
— Innombrables lorgnons <5Mr le nezy. Le pourquoi. — Abondance de bossus.
Le visage belge, obscur, informe, bizarre construction...
menaçante.
— La démarche belge, folle et lourde. Ils... derrière eux.
Les animaux semblent tristes et endormis.
La physionomie humaine est lourde, empâtée.
Têtes de gros lapins jaunes, cils jaunes.
Air de moutons qui rêvent.
Prononciation lourde, empâtée, les syllabes ne sortent pas de la gorge.
Le piment devient ici concombre.
Un chapitre sur les chiens, en qui semble réfugiée la vitaHté absente ailleurs.
Les chiens attelés. (Mot de Dubois.)
Bruxelles. Physionomie de la Rue. [F' 24]
Lavage des trottoirs, même quand il pleut à verse. Manie nationale. J'ai vu des petites filles frotter avec un petit chiffon un petit bout de trottoir pendant des heures entières.
Signe d'imitation <etsigne>et marque particuhère d'une race peu difficile sur le choix de ses amusements.
Bruxelles. [F' 33+ «non classé»]
Mœurs.
Propreté belge.
Esprit d'imitation chez les petites filles. Petites filles frottant, toute la journée, un petit bout de trottoir avec un petit chiffon. Futures ménagères.
[F' 231, fragment]
Bruxelles.
La fadeur de la vie.
Bruxelles. [F' 25, fragment]
CARACTERES GENERAUX. [Ajouté au crajon, sauf « chiens » :]
^^URS. Chiens. Nègres de la
Belgique.
Tristesse des animaux. Les chiens ne sont pas plus caressés que les femmes. II est impossible de les faire jouer et de les rendre folâtres. Us sont alors étonnés comme une prostituée à qui on dit : Mademoiselle.
Mais quelle ardeur au travail !
J'ai [vu] un gros et puissant homme se coucher dans sa charrette et se faire traîner par son chien en montant une montée.
C'est bien la dictature du sauvage dans les pays sauvages où le mâle ne fait rien.
Bruxelles. [F' 26]
Premières sensations.
Bruxelles, ville plus bruyante que Paris. — Pourquoi?
I ) pavé exécrable, faisant sauter les roues des chariots.
2) maladresse, brutalité, gaucherie du peuple, engendrant une foule d'accidents.
(A propos de cette maladresse populaire, ne pas oublier la manière dont marchent les Belges, — en regardant d'un autre côté. — Circuits nombreux d'un homme civilisé pour éviter le choc d'un Belge. — Un Belge ne marche pas, il dégringole.)
3) Sifflement universel.
4,) Caractère criard, braillard, sottisier. Hurlements de la bête belge.
Paris, infiniment plus grand et plus occupé, ne donne qu'un bourdonnement vaste et vague, velouté, pour ainsi dire.
Rues de [P* ^7l
Bruxelles.
Pourquoi Bruxelles est si bruyant,
— Sonorité particulière du pavé,
Fragilité et vibration des maisons.
Maladresse des hommes de peine et des cochers.
Les éclats de voix de la brutalité flamande < La voix
rauque, tramante, l'accent belge>.
— Les aboiements des chiens.
— Le sifflement universel.
Pensionnats.
Les Belges, <qui> qu'ils s'amusent ou qu'ils pensent, <sont> ressemblent toujours à un pensionnat — hommes, femmes, garçons, petites filles. —
Les femmes même ne pissent qu'en bande. Elles vont en pisserie, comme dit Béroalde.
Mon combat contre une bande de dames bruxelloises en ribote.
Bruxelles. [^' ^^]
Aspect général des rues.
Pas de trottoirs, ou si peu.
Affreux pavé.
Pas de ruisseaux.
Manière dont les habitants se cognent et portent leurs cannes.
Mœurs. Bruxelles. [^' ^9]
Le tic du rire sans motif, surtout chez les femmes. Le sourire est presque impossible. Les muscles de leurs visages ne sont pas assez souples pour se prêter à ce mouvement doux.
30 œuvres posthumes.
Caractères généraux.
Pas de vie dans la Rue.
Beaucoup de balcons, personne au balcon. Petits jardins au fond de la maison.
Chacun chez soi. Portes fermées.
Pas de toilettes dans les rues.
Pas d'étalages aux boutiques.
Ce qui vous manque, c'est le fleuve, non remplacé par les canaux.
— Une ville sans fleuve.
Et puis les montées perpétuelles empêchent la flânerie.
Bruxelles. [F' 30]
Caractères généraux extérieurs.
Mœurs.
Beaucoup de balcons, personne au balcon. Rien avoir dans la rue.
Chacun chez soi! (petit jardinet intérieur). Les plaintes d'un Italien.
Pas d'étalages de boutiques.
La flânerie devant les boutiques, cette <chos...> jouissance, cette instruction, chose impossible! — Chacun chez soi !
Bruxelles. [F' 3']
Caractères généraux.
Beaucoup de balcons. Mais personne au balcon.
Un peuple qui vit chez soi.
D'ailleurs, que pourrait-il regarder dans la rue?
Bruxelles. [F' 3^]
Traits caractéristiques de la Rue et de la population. Le lorgnon, avec cordon, suspendu au nez.
Multitude d'yeux vitrés, même parmi les officiers.
Un opticien me dit que la plupart des lorgnons qu'il vend sont de pures vitres. Ainsi ce lorgnon national n'est pas autre cliose < qu'une > qu'un effort malheureux vers l'élégance et un <signe de plus> nouveau signe de l'esprit de singerie et de conformité.
Bruxelles. [F' 33]
Caractères généraux extérieurs.
Aspect généralement confortable.
<Propreté> Propreté des rideaux et des stores. <a...> Fleurs en très grande quantité.
Chambres d'aspect modérément riche.
Au fond un jardinet étouffé.
Ressemblance étonnante entre tous les appartements. Vu de près, le luxe est non seulement monotone, mais camelotte \sic'\.
Bruxelles. [F' 3i]
Traits généraux.
Les Belges sont un peuple sifïïeur, comme les sots oiseaux. Ce qu'ils sifflent, ce n'est pas des airs.
Vigoureuse projection du sifflement. Mes oreilles déchirées.
C'est une habitude d'enfance incurable.
Affreuse laideur des enfants. Pouilleux, crasseux, morveux, ignobles.
Laideur et saleté. Même propres, ils seraient encore hideux.
Peuple sifïïeur et qui rit sans motif, aux éclats. Signe de crétinisme.
Tous les Belges, sans exception, ont le < cerveau vide cerveau > crâne vide.
Bruxelles. i^' 35]
Caractères généraux.
Le visage belge, ou plutôt Bruxellois.
Chaos.
Informe, difforme, rêche, lourd, dur, non fini, taillé au couteau.
Dentition angulaire.
Bouche non faite pour le sourire.
Le rire existe, il est vrai, mais inepte, énorme, à propos de bottes.
Visage obscur sans regard, comme celui d'un cyclope, d'un cyclope, non pas borgne, mais aveugle.
Citer les vers de Pétrus Borel. Absence de regard , chose terrible.
Epaisseur monstrueuse de la langue, chez plusieurs, ce qui engendre une prononciation pâteuse et sifflante.
Belgique. [f 36]
Bruxelles.
Physionomie générale.
Singulier aspect des bouches dans la rue et partout.
Pas de lèvres de volupté.
Pas de lèvres de commandement.
Pas de lèvres d'ironie.
Pas de lèvres d'éloquence.
Latrines béantes d'imbécillité.
Cloaques béants.
Bouches informes.
Visages inachevés.
Caractères physionomiques généraux, [F' 37]
Bruxelles.
Tous les visages belges ont quelque chose de sombre, de farouche ou de défiant, les uns, visages de sacristains, les autres de sauvages.
Stupidité menaçante. ) . . . ,
, ' T »/r • / r Ajoute au crayon. 1
Le mot de Matunn. \ "- ' •' -'
La démarche, à la fois précipitée, inconsidérée, et indécise, occupant naturellement beaucoup de place.
Abondance de bossus. [Ajouté au crayon.]
DÉBUT
II est certain que le point de vue le plus lugubre n'offre rien d'aussi glaçant que l'aspect de figures humaines, sur lesquelles nous cherchons vainement à découvrir une expression qui réponde à ce que nous sentons.
Maturin.
Bruxelles. [F' 38]
Physionomie physique.
Bruxelles est le pays des bossus, le domaine du Rachitis.
Pourquoi ?
Est-ce l'eau, est-ce la bière, est-ce l'insalubrité de la ville et des logements?
En somme, c'est bien la même race qu'autrefois. De même que le pisseur et le vomisseur et les Kermesses des Ostade et des Téniers expriment encore exactement la joie et le badinage flamand, de même nous retrouverons dans la vie actuelle les types ankylosés des peintres primitifs du Nord.
Physionomie des [F' 14]
Belges.
<L'œifie... [5{c]>
L'œil effaré, gros, stupide, fixe. Malhonnêteté apparente, tient simplement à la lenteur de la vision.
Belges qui marchent en se retournant, et qui enfin tombent par terre.
Construction des mâchoires, épaisseur de la langue.
Sifflement,
prononciation lente et pâteuse.
Bruxelles. [F' ^5]
Impressions générales.
Physionomie humaine.
L'œil belge, gros, énorme, braqué, insolent (pour les étrangers).
Œil innocent de gens qui ne peuvent pas tout voir en un clin d'œil.
Un personnage <de Ci...> de Cyrano dit à un autre : vous êtes si gros qu'on ne pourrait pas vous battre tout entier en un jour.
N'importe quoi est si <gros> vaste pour un œil belge qu'il faut qu'il y mette le temps pour le regarder.
L'œil belge a l'insolence innocente du microscope.
Bruxelles. Traits généraux. [F' 39]
Il En marge :J La laidcur ne peut comprendre la beauté.
Rapprochons ce fait de la laideur générale de ce peuple de cet autre fait : sa haine générale de la Beauté. Exemples : les rires de la Rue et des assemblées devant la vraie beauté, — l'inaptitude radicale des artistes belges à comprendre Raphaël.
Un jeune écrivain a eu récemment une conception ingénieuse, mais non absolument juste. Le monde va finir. L'humanité est décrépite. Un Barnum de l'avenir montre aux hommes dégradés de son temps une belle femme des anciens âges artificiellement conservée* «Eh! quoi! disentils, l'humanité a pu être aussi belle que cela?» Je dis que cela n'est pas vrai. L'homme dégradé s'admirerait et appelerait [sic] la beauté laideur. Voyez les déplorables Belges.
Bruxelles. [î^' 4°]
Caractères généraux.
Mœurs.
Les Belges ne savent pas marcher. Ils rempfissent toute une rue, avec leurs pieds et leurs bras. N'ayant aucune souplesse, ils ne savent pas se garer, s'effacer; ils heurtent l'obstacle, lourdement.
Froideur de regard, sournois, défiant.
Expression à la fois féroce et timide. L'œil vague, et, même vous regardant en face, toujours indécis. Race défiante <méchante> parce qu'elle se croit encore plus faible qu'elle n'est.
Femmes.
La femme n'existe pas. Le teint sale des flueurs blanches. Et puis, comme elle n'est pas accoutumée aux caresses, elle ne sait pas plaire. Elle ne s'y applique jamais.
Il y a des femelles et des mâles. II n'y a pas de galanterie. — Pas de toilette.
Pauvre Belgique. L'^' 40
Bruxelles.
Habitudes de la Rue.
La démarche du Belge folle et lourde.
Les Belges marchent en regardant derrière eux. On dirait qu'une niaise curiosité tire leur tête en arrière, pendant qu'un mouvement automatique les pousse en avant. — Un Beige peut faire trente ou quarante pas, la tête retournée, mais infailliblement vient un moment où il se cogne à quelqu'un ou à quelque chose. J'ai fait bien des circuits pour éviter des Belges qui marchaient.
Dans une foule le Belge presse de toutes ses forces son voisin de devant avec ses deux poings. L'unique ressource, c'est de se retourner brusquement, en lui donnant, comme par mégarde, un vigoureux coup de coude dans l'estomac.
Moeurs. [F' 42]
Bruxelles.
Maladresse belge. Les Belges ne savent pas marcher. La place que tient un Belge dans LA RUE. C'est pire que les ouvriers français tant chantés par Pierre Dupont.
Maladresse des cochers belges.
(Il y a plusieurs pentes très raides dans Bruxelles.)
Ils ne savent pas indiquer le chemin.