‹ Kant [microform]Chapitre 1 sur 148 · BOULEVARD SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

BOULEVARD SAINT-GERMAIN

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Il n'est pas besoin de longue préface pour justifier l'apparition de ce livre. Descartes, Malebranche, Spinoza, Locke, Jacobi, d'autres encore ont déjà reçu, en Franco, les honneurs de ce genre d'études monographiques que le pubhc qui lit et qui pense accueille, depuis quelque temps, avec une faveur croissante. Kant, au contraire, s'il a fait les frais d'innombrables études ou discussions partielles, n'a été l'objet, en notre pays, d'aucune monographie complète et de quelque étendue, si l'on en excepte le livre très imparfail de V. Cousin et deux articles de dictionnaire : celui de J. Barni, dans le Dictionnaire philosophique, et l'étude très lumineuse, mais nécessairement très concise, de M. Em. Boutroux dans la Grande Encyclopédie. Du moment donc où M. l'abbé Piat avait eu l'heureuse inspiration de doter la France d'une collection analogue aux Classiques de la Philosophie de Fromman,une place , et l'une des premières, était due à l'initiateur du mou ve-

YIIl AVANT-PROPOS.

ment le plus puissant qui depuis deux siècles, ait entraîné la pe usée philosophique dans des voies nouvelles. Une pareille étude peut comporter trois méthodes

différentes.

L'une, de pure érudition, a envahi la littérature et n'a pas épargné la philosophie, qui lui doit d'ailleurs d'inappréciables services; elle établit les textes et fixe quelques détails intéressants de biographie et d'histoire. Elle consisterait ici à analyser minutieusement les découvertes récentes des infatigables chercheurs d'Outre-Rhin, correspondances, notes manuscrites, anecdotes sur Kant, sa famille, ses amis, ses collègues; elle discuterait longuement les différences de texte qui existent, par exemple, entre les deux premières éditions de la Raison jmre ou entre les deux préfaces de la Faculté déjuger; enfin elle se risquerait dans l'inextricable labyrinthe des systèmes d'exégèse, d'interprétation et de critique qui ont fait de la bibliographie kantienne la plus touffue de toute la littérature philosophique; elle ajouterait quelques épines à ces broussailles, et le livre qui en résulterait serait utile peut-être, ennuyeux probablement, et, sans aucun doute, interminable.

Plus captivante, à coup sûr, et plus instructive, la méthode critique n'est guère moins envahissante. L'éminent professeur de l'université de Halle, M. Vaihinger, n'achèvera peut-être jamais les cinq gros volumes de Commentaires qu'il se propose d'écrire sur la seule

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