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KAXT.
duit de la définition de la « sul^stance simple » une nouvelle monadologie. Le problème est le suivant : comment concilier avec la conception géométrique d'un espace divisible à l'infini l'iiypothèse de monades simples, indivisibles? La difficulté disparait si la monade est une force, et, comme telle, peut faire rayonner sa puissance attractive à travers Tespace, sans le remplir matériellement et sans perdre sa simplicité essentielle ^ La force répulsive des Cartésiens n'expliquait que l'impénétrabilité des corps; l'attraction rend compte de la cohésion. La limite des corps est au point d'égalité des forces attractive et répulsive.
\)i' cette conception il résulte nécessairement qu'entre deux corps mis en présence l'attraction est réciproque et que le repos, aussi bien que le mouvement absolu, sont de pures chimères. Il ne saurait être question d'inertie parfaite ; le repos apparent n'est qu'un mouvement infiniment lent. Il est aisé dès lors de renoncer au principe embarrassant de continuité métaphysique admis par Leibniz pour expliquer le passage du repos au mouvement. Telle est précisément la thèse soutenue dans le court mais brillant opuscule de 1758, Nouvelle conception du mouvement et du repos.
§ 2. — Cosmogonie.
Tandis qu'il s'exerçait à la solution de ces problèmes isolés, l'esprit de Kant était tourmenté d'un dessein plus
PERIODE ANTECRITIQUE.
vaste. Newton lui semblait s'être arrêté à mi-chemin de la vérité ; car, s'il avait posé définitivement les principes constitutifs du système planétaire, il n'avait pas abordé le problème de l'origine du système. Faute d'apercevoir aucune cause matérielle au mouvement des planètes, il y croyait voir l'action immédiate de la main divine. Descartes avait entrevu une solution plus hardie; il se contentait de la « chiquenaude » première pour mettre en jeu les forces cosmiques, et en déduisait more (/eometrico l'explication des mouvements sidéraux, de la lumière, des vents, des marées ^. Mais Descartes, averti ])ar la condamnation de Galilée, n'avait osé publier de son vivant le Traite du Monde. Aussi bien, sa tentative échouait-elle précisément parce qu'il supposait « que Dieu n'avait mis aucune pesanteur en la matière » ^
Compléter Newton, tout en évitant l'erreur de Descartes, telle est de très bonne heure l'ambition de Kant. Il lit Huyghens, Ilalley, le Discours de Maupertuis sur la Figure des Astres ^, les travaux de Wright de Durham, qu'il connaît en 1751^, et c'est sans doute dès 1753, à l'âge de trente ans, qu'il écrit V Histoire universelle de la Nature et théorie du Ciel^\ qu'Helmholtz n'a pas