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problème n'ait hanté l'esprit du nouveau professeur de Koenigsberg et ne lui ait imposé, entre cent autres difficultés, de pénibles et scrupuleux tâtonnements.
Ce silence de onze années a sans doute eu le grave inconvénient de rejeter au delà de l'âge viril de Kant plusieurs de ses plus importants ouvrages, dans lesquels se reconnaîtra l'appesantissement de la vieillesse. La Critique elle-même porte des traces visibles de retouche; le mouvement général est alourdi sous l'abondance du commentaire; le souci de la clarté gâte trop souvent la simplicité de l'idée dominante; Fauteur s'empêtre à force de vouloir débrouiller. Mais cette œuvre de longue patience est définitive dans l'esprit de Kant; son siège est fait sur la position qu'il vient de conquérir au prix de tant d'efforts, et nous n'aurons jamais, sur des points essentiels, à l'opposer à lui-même. Une fois la Critique fondée, le reste de son œuvre entière se déroulera avec une unité, une continuité merveilleuses. Peu nous importera désormais l'ordre chronologique de ses ouvrages ; le fil conducteur qui nous aidera à les parcourir sera purement logique.
Pour la critique même de la connaissance, nous n'étudierons à part ni la thèse de 1770, ni les deux éditions de la Raison pure y ni les Prolégomènes. La maison a été bâtie en plusieurs fois; mais l'architecture en est une sous la surcharge des détails; c'est elle et elle seule qu'il nous importe de dégager.