‹ KantChapitre 115 sur 139 · p. 232-237 (II · texte numérisé non relu

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évidente dans ces divers cas, n'y serait encore que relative et extérieure aux choses, car il resterait à déterminer la fin de la végétation, des semences et des traîneaux, et ainsi de suite à l'infini, pour en arriver à cette question suprême : quelle est la fin de la création même? Or nous savons qu'un pareil problème excède les forces de l'entendement, parce qu'il dépasse les bornes d'une expérience possible ; c'est dire qu'il échappe aux prises de la « faculté de juger ^ ».

Et cependant, nous ne pouvons admettre que les phénomènes cessent absolument d'être intelligibles là où s'arrête l'explication mécanique. A défaut de jugement déterminant, l'entendement peut appliquer à l'expérience le jugement réfléchissant, c'est-à-dire se représenter le détail des choses sous l'idée préalable du tout. Or les vivants nous offrent le type de liaisons telles que l'ensemble y détermine les parties ; dans un organisme, chaque chose semble être à la fois « cause et effet d'elle-même ». Le vivant ne se reproduit-il pas lui-même, aussi bien comme espèce que comme individu? Et, si chaque organe est un produit du tout, la vie totale n'est-elle pas à son tour la résultante du jeu des organes? Or cette réciprocité de la cause et de l'effet diffère absolument de la liaison mécanique des antécédents et des conséquents, et c'est la définir très imparfaitement que d"y voir un « analogue de l'art » ; car rartiste est encore extérieur à son œuvre, tandis que

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