‹ KantChapitre 24 sur 139 · III. — RETOUR A L EMPIRISME · texte numérisé non relu

III. — RETOUR A L EMPIRISME

Aussi bien, la réaction est proche. Un silence complet de quatre années est, chez cet esprit coutumier des longues patiences, l'indice d'un travail intérieur. Cette lente germination prépare une brillante efflorescence. Kant écrit coup sur coup : La fausse subtilité des quatre figures du syllogisme (1762) ; Tentative pour introduire dans la j)hilosophie le concept des grandeurs négatives (1763) ; L'unique fondement possible d'une démonstration de l'existence de Dieu (1763) -; Recherche sur l'évidence des principes de la théologie naturelle et de la morale ^; Observations sur le sentiment du beau et du sublime {\1Q>\) et, peu après, Les rêves d'un visionnaire éclair cis par les rêves de la métaphysique (1766).

Les quatre premières de ces dissertations forment un groupe cohérent. Quelques critiques ont essayé d'établir qu'elles n'avaient pas été écrites dans l'ordre où elles parurent ^. Il est difficile et médiocrement intéres-

2. C'est la date que porte, suivant un usage constant, cette brochure publiée en réalité à la fin de 1762.

3. Écrit en 1762 en vue d'un concours ouvert par l'Académie de Berlin, cet opuscule parut en 1764. Le prix fut décerné à Mendelssohn. Kant n'obtint que l'accessit.

4. CoHEPf, Die systemat. Begriffe in Kants vorkrit. Schriften, 1873,

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sant de trancher le débat. Il est visible que ces ouvrages sont contemporains dans la pensée de leur auteur; ils appartiennent manifestement à une même inspiration et traduisent un même effort : réagir contre le rationalisme traditionnel, séparer la science du possible de celle du réel, la logique de la métaphysique.

S 1. — Les figures du syllogisme.

Kant n'a pas assez de railleries pour la logique de l'École, cette « rouille vénérable du passé » i. Il n'y voit plus qu'une « gymnastique de lettrés » qui « ne contribue guère aux intérêts de la vérité^. Une vaine « subtilité )) a distingué quatre figures du syllogisme; seule la première est simple et légitime ; les trois autres s'y ramènent sans effort.

La « considération finale ^ » de cette courte brochure contient deux conclusions d'une importance capitale : En premier lieu, le jugement logique fondé sur le principe d'identité, tel que la conclusion d'un syllogisme, n'est qu'un développement {verdeutlichen) de concepts. D'autre part, la faculté de juger est irréductible à celle de sentir; on ne peut « la déduire d'aucune autre »; elle est bien au contraire « le pouvoir... de faire de ses pro-

p. 16;Fr. Paulsen, Versuch einer Entwicklungsgesch. derkant. Erkennt' nissthtiorie, 1875, p. 73; du même, //«. Kmit, Stuttgart, 1898, p. 80.

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