Cf. supra, p
tions de l'esprit. Mais il n'aperçoit pas de suite la portée de cette affirmation ni la difficulté nouvelle qu'elle soulève : comment une synthèse est-elle possible à priori i?
En 1768, dans un court mais très suggestif article des Nouvelles de Kœnigsberg sur la Distinction des régions de r espace^, il réalise un nouveau progrès. En éludiant certaines figures symétriques, telles que la main droite et la main gauche, ou encore une main et son image réfléchie dans un miroir, il remarque qu'elles sont absolument « égales et semblables » quant à la disposition de leurs parties sans cependant pouvoir coïncider. Il en conclut que la forme des corps ne résulte pas simplement de la situation réciproque de leurs éléments et que, par suite, l'espace n'est pas seulement, comme l'avait cru Leibniz, l'ordre de coexistence des objets sensibles. C'est un « absolu » qui a sa « réalité propre ^ », indépendamment de la matière qui le remplit. Bien loin de résulter de la disposition des choses, il est le principe originel de leur « possibilité » géométrique, c'est-à-dire de leur forme. C'est parce qu'il y a réellement trois dimensions dans l'espace que nous distinguons dans les corps un haut et un bas, un avant et un arrière, une gauche et une droite.
Mais cette conception môme est hérissée de difficultés; Kant les entrevoit dans les dernières hgnes de son article. Si l'espace est réel, il cesse d'être un « pur objet
1. Toutefois il est certain que, dès 1765, il se préoccupe d'une critique de l'usage métaphysique de la raison. Cf. Lellre à BernouilU, B, t. X,