‹ KantChapitre 36 sur 139 · T. X, p. 481; B, 93 (Irad. TissOT, p · texte numérisé non relu

T. X, p. 481; B, 93 (Irad. TissOT, p

2. Cf. Reflexionen Kant's zur krilischen Philos., éd. par B. Erdmann,

vait réussir à expliquer les mouvements du ciel en admettant que l'armée des astres tourne autour du spectateur, il chercha s'il ne réussirait pas mieux s'il faisait se mouvoir le spectateur et laissait les astres en repos 3)1.

Telle est précisément la méthode nouvelle que Kant va appliquer à la théorie de l'espace : au lieu de voir, comme en 1768, dans l'espace une réalité extérieure absolue dans laquelle nous apercevons les objets, il y aperçoit une nécessité intérieure de la sensibilité, la loi imposée par l'esprit aux choses et qui rend la perception possible. Du même coup, il étend cette théorie au temps, forme nécessaire de toute perception intérieure. Enfin, — merveilleuse contagion de l'idée créatrice, — il aperçoit l'analogie profonde qui lui permettra d'appliquer à la physique la méthode que lui a suggérée la géométrie : si les concepts mathématiques sont des synthèses, ne trouvons-nous pas dans ces sciences le type le plus parfait de jugements synthétiques à priori et nécessaires et d'ailleurs applicables à l'expérience? Pourquoi donc les jugements de cause et de substance ne seraientils pas eux aussi à priori, nécessaires et synthétiques?

Une circonstance officielle donna à Kant l'occasion d'esquisser à grands traits sa découverte. Pour devenir titulaire de la chaire de logique et métaphysique, devenue vacante en mars 1770, il dut, suivant l'usage académique, écrire et défendre publiquement une thèse latine.

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