XII AVANT-PROPOS
réclament impatiemment la solution. Après avoir pénétré au cœur d'un système, en avoir analysé tous les organismes et admiré la savante unité, on peut se demander encore si l'on a disséqué un cadavre inerte ou si l'on a rencontré dans quelques viscères la chaleur et le tressaillement de la vie. On peut se demander ce que vaut le Kantisme, non seulement comme œuvre d'art, mais comme œuvre de vérité. Aussi n'at-on pas manqué de trouver excessif le souci qui a guidé l'auteur de ce livre de faire œuvre de pur historien, et l'on a exprimé le regret que la critique interne du système de Kant n'ait point servi de base à une critique externe, d'apparence plus séduisante et plus instructive.
Cette critique, dont il n'est pas question de contester le haut intérêt, pourrait s'entendre de deux façons : on pourrait examiner point à point les principales thèses du Kantisme, discuter le système des catégories, les antinomies, la théorie des noumènes, l'impératif catégorique, la liberté; on pourrait, surtout, poussant plus avant l'enquête, juger en elle-même la méthode transcendantale, rechercher si elle n'implique pas des postulats insoupçonnés sur la nature de la conscience et de la raison, sur l'objectivité du savoir et des lois morales, sur les rapports du sensible et du supra-sensible : ce serait, on le voit, tout un livre à écrire.
On pourrait également, — mais qui ne voit que