‹ Karamzin et Jean-Jacques RousseauChapitre 9 sur 15 · kAKA.M/.IN KN I KANCE · texte numérisé non relu

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parcourir les scniicrs où l'on voyait nai;uèrc la iracc de ses pas; pour respirer CCI air qu'il respirait auiretois et d'une larme tendre, pleine de mélancolie, arroser sa tombe.

Hrmenonville ' était autrefois au milieu d'un tnrèt sombre et épaisse, entouré de marais, de vastes espaces sablonneux et improductifs : en un mot, c'était un désert sauvage*. Mais un homme riche et par la fortune et par le goût l'acheta, le transforma, et la forél inculte devint un charmant )ardin anj.;lais. s'aL;rémenta de paysai,'es pittoresques et devint un tableau de Poussin ">.

L'ancien château a i,'ardé son caractère i;()ihique des

iransporiei-s au Pantlu-on, les pèlerinages à son tombeau continuaient encore. Marie-Antoinette y avait été reçue par le marquis de Girardin, Joseph 11, Sedaine, le premier Consul, y vinrent plus tard etc., etc., pour ne nommer que ceux-là.

1. Ermenonville avait commencé à être célèbre sous Henri IV, qui l'avait élevé au rang de Vicomte pour le donner à son fidèle Dominique de Vie afin de le récompenser de ses longs et loyaux services. Le marquis René Girardin de Vauvray l'avait acquis par succession alors qu'il était encore auprès du roi de Pologne Stanislas Leczinski, en 1763.

Le marquis René de Girardin, d'une ancienne famille originaire de Florence, avait été capitaine des gardes du corps du roi Stanislas et brigadier de dragons du Roi de France. Il avait épousé Brigitte-Adélaide-Cécile Berthelot de Baye, fille du baron Berthelot de Baye, maréchal des camps et armées du Roi.

2. Ce que dit Karamzin d'Ermenonville lorsqu'il passa dans les mains de René de Girardin était absolument vrai. La propriété ne formait qu'un vaste marais malsain, où les fièvres régnaient à l'état continu. En peu d'années Girardin le transforma complètement et en fit pour l'époque un véritable Eden. il y créa les premiers jardins anglais qui furent en France. Il avait été passer de longs mois en Angleterre, visitant les parcs les plus célèbres et en était revenu ramenant avec lui 200 jardiniers.

}. Poussin était, en effet, le peintre favori de René de Girardin.

d'après un tableau à l'huile de Cirl KuwjsseK appartenant '" M-hhm^ ,lr rurirlm

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temps passes'. La charmante Gabrielle y habita jadis et Henri IV a joui de son amour. Ce souvenir illustre cette demeure mieux que les plus mat,'ni Tiques pérystiles? De chaque côtéde plus petits bâtiments sont réunis » au chûteau.

1. Karamzin semble dans sa mémoire confondre le château propremenl dit avec un petit château ou pour mieux dire un petit pavillon qui $c trouvait dans le parc et que l'on appelait « la Tour de la Belle Gabrielle », en souvenir de Gabrielle d'Estrées qui l'avait habité. L'ancien chitcau avait été au contraire tout à fait transformé par René de Girardin qui lui avait donne l'aspect sous lequel le vit l'historien russe, aspect presque le même qu-d'aujourd'hui.

La Tour dite de la Belle Gabrielle seule avait gardé son caractère gov . des temps passés et encore avait-elle subi de nombreuses réparations ei i:. , fications. Gabrielle d'Estrées, comme nous venons de le dire, n'avait point habité le château, mais le petit pavillon portant son nom. Ce pavillon se trouvait au Nord du château, à environ un quart d'heure à pied. La Tour 1 Belle Gabrielle a été détruite, il n'en reste plus maintenant aucun vesu..' Ermenonville. On en connaît cependant les plans, intérieur et extérieur. Deux choses seulement subsistent comme souvenirs et elles sont en possession du marquis de Girardin actuel ; l'une se compose des fragments de la porte d'entrée de la Tour dite de la Belle Gabrielle, ces fragments sont aux armes et au monogramme de Dominique de Vie; l'autre est un buste en piJire du temps représentant M. de Sully, surintendant des Finances, Grand-Maître de l'Artillerie, buste fait par Guillaume du Pré.

2. L'un de ces petits bâtiments dont parle Karamzin scnit de demeuir à Jean-Jacques Rousseau et à Thérèse lorsqu'ils arrivèrent i Ermenonville un peu plus tôt que le marquis de Girardin ne les attendait C'est dans ce petit bâtiment, qui se trouvait à droite du château lorsqu'on le regardait en arrivant, que mourut le citoyen de Genève. Ce corps de logis a été détruit, il nVn reste plus aucun vestige à Ermenonville. Seul le marqui\ dr Oirjrdin en p.* sède quelques souvenirs, entre autres une vue à l'aqu.ir.

à l'époque et qui représente Rousseau se promenant devant sa maison.

Ce petit pavillon était construit en grès et pierre. Il comprenait un rM»de-

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Des eaux limpides coulent aux alentours formant une quantité d'îles riantes '. Par-ci par-là des bosquets cpars, des plaines verdoyantes, des f,'rottes, des cascades bruissantes; partout la nature dans toute sa diversité.

Vous lisez alors cette inscription :

« Cherche en d'autres lieux les beautés de l'Art; Ici la vue de la riche Nature est l'imat^e de la liberté heureuse et de la simplicité chère au cœur. »

D'abord on vous conduit vers deux arbres dont les branches sont enlacées et sur lesquels la main de .lean-.Iacques a tracé ces mots : « L'amour unit tout= ».

Rousseau aimait à se reposer à leur ombre, sur un banc de gazon créé de ses propres mains'. Ici on voit parsemés les témoins de la vie pastorale; aux branches pendent des flûtes et des bâtons de bergers, des couronnes, et, sur un monument champêtre, vous lisez les noms des chantres de la vie agreste : « Théocryle. N'irgile. Thompson-» ».

chaussée, un premier étage et un étage en mansardes avec un toit d'ardoises. Il y avait deux pièces à chaque étage. Les fenêtres donnaient sur la cascade qui se trouve près du château; d'autres fenêtres, à l'Est, donnaient sur la rue du village. Rousseau et Thérèse n'habitaient que les pièces du premier étage et une pièce du rez-de-chaussée. Ils n'étaient servis que par une servante.

1. Dans une de ces îles (îles des Peupliers) fut déposé le corps de Rousseau, dans une autre fut enterré le peintre Fréd. Meyer qui mourut à Ermenonville où il était l'hfSte du marquis René de Girardin (août 1779).

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