‹ Karel Dujardin comedie en un acte et en versChapitre 6 sur 13 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Les Ms'iies. KAHKI. DUJARDIN.

KARBI. , riant dans le fond du théâtre.

Dieuz ! KrilTon à genoui!

Restez que je vous croque. Oh! la bonne ligure! Ah! vous vous dérangez.

griffon.

Ouelle ardeur de peinture

Vous reprend!

KARBI. DUJARDIN.

J'y reviens comme vous à l'amour.

HKPPA. à Griffon.

Allez...

A Kirel.

Il sera tout à vous à son retour.

KARRL DUJARDIN.

Eh! pourquoi nous quitter? Ici-bas rien ne presse. Hors faniour cl la soif; votre amour m'intéresse. Fit moi, je me sens là, vers 1«* cOté du cœur.

La soif de m'épaucher en buvant du meilleur.

BRPPA, bas, d A'areL N'allez pas croire au moins...

GRitTOit. d part.

Faisons tête à Forage.

KARBL DUJARDIN.

Pourquoi dissimuler?

GRIFFON, d part.

Avec son persiflage,

Ce maudit homme va me dépoétiser.

BBPPA, bas, àÂ'arel.

Cessez.

KARBI. DUJARDIN.

Vous voyez bien que je le fais poser.

A (ÈrilTon.

Restez a déjeuner avec nous.

GRIFFON

Il m'en coûte

De vous quitter si têt, mais...

KAHFI. DUJARDIN.

Vous allez sans doiiu*

Surprendre au saut du lit un pauvre débiteur.

La TCUTe ou l'orphelin? '

ORIFFOX. I

Non pai; c’est un auteur { Oui pouvant dans son art rencontrer l’opulence, i Rit de ses bienfaiteurs réduits à l’indigence.

KtRRI. ueiARniv.

On tous trompe, mon cher : de pareils créanciers Sont rares, et jamais n’ont recours aui huissiers, i

CHIFFON

Trompé par un ingrat dont le cœur se dévoile,

On peut l’abandonnera Sit mauvaise étoile.

KinEL ni’JlHOIN. I

Kh! comment verra-t-il son étoile en prison?

CHIFFON

Toulez-vous me prouver que notre bommea raison? [ KAHll. DUJARDIN. ,

Non pas; et plus que moi nul ici ne le bllme ;

Mais je puis mieiii juger de ce qu'il a dans l’Ame Oue TOUS, homme de bien, mais au lucre adonné, , Homme sensible et bon, mais qui n’étes point né ' Sous cet astre fatal dont l’éclat nous fascine.

Nous portons le revers de l’empreinte divine ;

, C’est par U que le riel nous rendit vos égaus.

Avec notre génie acceptez nos défauts ;

Ce sont eus qui vous font nos maîtres; hommes gra- Beuissez-les;sanseuivousserieznos esclaves, [ves. ‘

BIFFA, d pari.

Cher Karel !

CHIFFON

Eh ! parbleu, messieurs, corrigez-vous, ' Et nous vous servirons s’il le faut...

BEFFA , à part.

A genoui.

KAREL DDIARDIN.

Eh ! corrigez d’abord le démon qui nous tente;

Glacez le sang qui bout, la sève qui fermente.

Sur la création jetez un voile noir.

Tous.femmes.corrigez, pour nous rendre au devoir.

Ces regards éloquents, et, je parle ans plus sages.

Ce penchant de vos cœurs à chercher nos hom-

[mages;

Et TOUS, hommes de loi, corrigez les bouchons De sauter à grand bruit aiii fresques des plafonds. Corrigez le plaisir, corrigez la nafure.

Et vos clercs mieux que nous feront de la peinture.

BIFFA, bas, à Griffon.

Mais , allez donc.

filIFFON.

Bas.

Je pari.

A part.

Elle y tient, je le vois.

La emme la meilleure, et, la prit-on au choix.

Quand elle n’aime plut, devient impitoyable.

KARIL DDIARDIN.

Allons, maître, laissez en paix ce pauvre diable. Peut-éfe. en ce moment, comme moi transformé. Heureux de vivre, heureux de te savoir aimé.

Rougissant, comme moi, des torts de sa jeunesse.

A-t-il déjà rompu le joug de la paresse.

Et peut-être demain va-t il être l’appui Du Mécène indulgent qui l’épargne aujourd’hui. Dans votre ville d’or et sous votre riel rose ,

Il suffit d’un beau jour pour qu’un poème éclose; Pour réveiller l’honneur quand il n’etl qu’endormi, il ne faut que la voix d’un ange ou d’un ami.

GRIFFON

Il m’émeul.

Belle dame, à vous; pour le séduire , Aux vœux que j’exprimais ajouiet un sourire.

BEFFA.

c’est bien peu.

GRIFFON, d part.

Puisque enün il rougit de tes torts...

KAREL DUJ.ARDIN, d Beppa.

Allez.

BEFFA, à Griffon.

Qu’avez-vous donc, ami?

GRIFFON

J’ai des remords.

BEFFA.

Quoi ! De le marier? Voyez le bon apAtre.

A part.

Je vais à déjeuner les avoir l’un et l’autre,

A moins de les brouiller.

A Griffon.

Vous n’hésiteriez pas

S’il redisait tout haut ce qu’il m’a dit tout bat. GRIFFON.

Lui!

BEFFA.

Rangez ces papiers et vous l’allez entendre.

GRIFFON, d part, SI feignant d» ranger.

Elle aime, elle est rusée.

KAREL DDIARDIN , d Beppa.

Eh bleu?

BEFFA.

Il va te rendre ;

Mais pour le retenir sans le prendre au collet. Parlez-lui d’un grand nez et d’un petit soufflet Qu’il obtint d’une dame, au bal, la nuit dernière. KAREL DDIARDIN.

La nuit dernière, au bal? Dieu! quel trait de lu-

[miève !

Ce grand nez, ce soufflet... Vous étiez donc aussi...

BIFFA, monfranl la poche de Griffon.

L’un, on me l’a conté ; l’autre, on le voit d’ici.

KARIL DDIARDIN.

En effet, ce ruban...

CHIFFON , d part.

II aime ; il est crédule.

KAREL DDIARDIN.

Griffon, qu’avez-vous fait de ce nez majuscule Qui vous valut hier d’une dame de bien Ceruin petit présent dont vous ne dites rien? GRIFFON.

Quelle est celte folie?

KAREL DDJ ARDIN.

Allons, plus de mystère;

MAGASIN THÉÂTRAL

Ce n'est pas entre amis qu'il convieot de se taire, Coureur de baU masqués.

Lui! vous vous méprenei.

K%REt nt'UKnTN.

Non! je le toU encor, vous dis>je, avec son ner; Comme un vtcui rorinorau debout sur une patte. Incliné sous le poids de ce nei èrarUle,

Pour prendre du tnbar je vois son embarras:

Dans le nez jus«]u’au coude il se fourrait le bras.

GIUFFON.

Je vous jure...

KsaEi. DriARDi.N. rianl.

Ha. ha. Ht!

r.RiKFoN , à Deppa.

Vous savez s’il sc trompe- HF.PPA , riant.

Ha, ha, ba!

KtREI. nUARDIN.

Voulez-^ous que ce soit une trom|>c?

J‘y consens; mais du moins avouez sans détour (^ue vous étiez au bal.

GRiFrOM.

Moi, ^rand Dieu! jusqu'au jour J'ai veillé pour madame et pour vous, sa ns reproche.

kahel iiUJAHPi.N , mon/ranC le nez postiche.

Démentez ce témoin qui sort de votre poche.

GRIFFUIV.

Je suis pris.

KAREL DUJARDIN ft BEVFA, fianl.

lia, ha, ha!

GRIFFON

La perfide, elle rit !

Ils sont d’accord.

BEPPA à Griffon.

Eh bien, que vous avais>jc dit?

Ab I messieurs les Calons, vous blAmei nos proues*

[ses.

Et vous venez rdder autour de nos maîtresses? Vous censurez nos goûta, et vous les partagez. Soyez plus indulgents pour nous, hommes rangés; Auditeurs, conseillers, huissiers, robins, notaires. Vous êtes, m'a*t-oD dit, bons époui et bons pères, C'est bien, mais aua parfums des cheveux bmns

[ou blonds

N'allez plus exposer vos nez plus ou raoina longs, Ou tâchez que, du moins, ils restent dans vos po*

[ches,

A Griffon.

Ouand vous nous débitez vos sermons, sans re-

[ proches.

BBPPA, à Griffon.

Eh quoi! vous nous quittez?

GRIFFON

Je reviens à l'instant.

KAREL ni JARDIN.

Sans rancune, Griffon : s ingez qu’on vous attend Pour déjeuner.

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