KAKI
» depuis douze ans, j’espère que cette lettre >• vous trouvera alerte et grondeuse connue » autrefois. L’iioiume que je rencontrai » dans le bois , près de chez nous , et qui » me prit avec lui, est le comte Karl de » Richter, un riche seigneur norvégien. 11 » ni 'emmena à Madrid , de là à Séville , » puis nous nous rendîmes par mer en Hol- » lande. .. j’ai été bien malade. Un au après, •• doua Juana, la veuve de don Alphonse, » vint nous rejoindre avec son enfant , le » petit Fernando. Mon maître épousa doua » Juana , et depuis ce teins nous habitons » un château du comte en Norwége. Vous •• saurez que ce pays-ci est un pays très- » froid ; mais je ne sors pas l’hiver. Je ne
• vous dirai pas que je suis intendant, at- » tendu qu’il y en a un : je ne vous dirai .» pas que je suis valet de chambre, attendu »• qu’il y en deux : je ne crois pas être » homme de confiance, car on ne me con- « ûe rien. Si vous pouvez m’expliquer ce » que je suis , vous me ferez plaisir. Je vis « au château, voilà. Je me lève entre huit >• et onze heures... sur les midi. Je suis bien «vêtu, bien logé... j’engraisse. On me
- donne pour tout ça quatre-vingts ducats » par an. Quatre-vingts ducats, voyez-vous,
- bonne mère, c’est plus d’argent qu’il n’en « est jamais entré chez vous. J’ai fait des » économies depuis douze ans; j’espère que
• le seigneur qui est ici voudra bien vous •• en porter la moitié , avec une peau d’ours » que je vous envoie... C’est excellent pour » se tenir les pieds chauds. Il est teins que
• vous ue travailliez plus, bonne mère ; le » repos est nécessaire à l’homme, et qui « dit l'homme dit la femme. Reposez-vous
donc , portez-vous bien , et vivez long- » teins. Je voudrais pouvoir vous dire :
•• Vivez toujours. Nunez. »»