‹ Karl, ou le Châtiment, drame en quatre actesChapitre 35 sur 41 · ALMÉIDA , FERNANDO · texte numérisé non relu

ALMÉIDA , FERNANDO

almêida. Il y a des larmes dans tes yeux, Fernando.

FF.R3A3DO. Pardon.

almêida. Ce combat aura donc lieu!

Fernando. Qui pourrait l’einpécber?...

mais vous-même vous êtes bien ému , mon père.

ALMÉID\. Oh ! moi!... moi , je suis un vieillard , et le vieillard n’a qu'un moment d’énergie. Le teins, qui use les forces de son corps, use en même teins celles de son aine : il peut bien crier : le devoir est là ; mais quand le moment arrive, quand l’heure sonne, il s’approche de celui qu’il a jeté au-devant du danger , il lui prend la main et il lui dit : Fernando , ne te bats fias.

l ERYASDü. Mon père !...

A., rt .

ai.mkid.v Ali ! c'est mou unique pensée maintenant ; il fallait bien le prononcer ce mot que ma bouche ne pouvait plus contenir. Depuis hier il murmure à mon oreille, mon cceur en est plein : c’est lui que je répétais tout bas cette nuit, lui que j'ai retrouvé ce matin sur mes lèvres. ÏJn espoir m’était venu , que je ne cache pas, dont je ne rougis fias , et qui le retenait encore.. Ce combat, on pouvait le refuser aujourd’hui , comme on l'avait fait hier...

Mais à présent qu'il est accepté', que je dois en subir les hasards, je ne connais plus ni faiblesse , ni honte, et je viens à toi les lartnes aux yeux, la prière à la bouche:

à toi si jeune, si inexpérimenté , dont j'ai follement exposé la vie.

permaxdo. (,)ue dites-vous? mon Dieu!

ALMÉIDA. Ecoute: je touche à la lin dilua longue carrière, il me reste à peine quelques instans à vivre ; ce peu de jours, je n’ai que toi pour les consoler. Cela n’est |ias possible , vois-tu? que je meure seul , isolé, sans une main qui me ferme les yeux... Enfin, je n’ai pas mérité d'être abandonné de tous, de survivre à tous... Tu n’es pas touché de mes |iaroles, parce que tu ne sais pas combien j'ai été malheureux, moi. J’avais un frère que j'aimais, et it est mort; j'avais une femme qui m'était bien chère , elle est morte : j'avais mi fils et on l’a tue... on te tuerait aussi...

Fernando ! ne te bats pas!

Fernando. Ah ! ne inc parlez pas ainsi ' ne pleurez pas ainsi ! mon père , votre tendresse vous égare. Ou inc l’a dit depuis mou rufancc, et je le vois aujourd’hui , et vous n’en doutez pas , vous qui avez vécu plus long-teins , il y a là-haut une justice C’est elle qui vous a ronduil ici , qui von a fait parler, c’est elle qui guidera moi bras. Pourquoi voulez-vous qu’elle m’abandonne alors qu’elle m'a choisi pour instrument? Non : je ne l'ai pas offensée .

moi , et elle ne serait pas venue me chercher pour me perdre. Montrons tous deux que nous avons foi en elle. Et puis, voyez vous? ce serait bien infâme ce que von», me demandez. Vous me partez ainsi maintenant parce que le danger est là , que vous ne voyez que lui, parce vous m'aimez cl que vous tremblez ; mais plus tard quand I nous reverrions l’Espagne , car nous y retournerons ensemble, n'est-ce jias? plus tard , quand vous retrouveriez dans votre château d’Alméida et vos souvenirs et vos douleurs, vous me diriez: Fernando, tu es bon ; Fernando , lu m’aimes bien ; mais tu n'as pas vengé ton père!

j almêida , avec des sanglais. Mon enfant,

LE MAGASIN THÉÂTRAL

mon enfant!... c’est bien noble et bien cruel ce que tu me «lis là.

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