ALMÉIDA, FERNANDO
Fernando. Fuir!... Vous l’entendez , mon père ? il veut fuir !
alméida. Oui... oui... il a peur. Mais en quelque lieu qu’il se caclie, la main de Dieu saura l'atteindre. Il y a des juges, des lois qui punissent le crime : croit-il donc qu’il pourra échapper à son châtiment? Il l’eût trouvé ici de ta main; mais il fuit, le lâche ! il fuit, et il te laisse quitte envers 'honneur, envers ton devoir, car ce n’est pas toi qui a tremblé.
Fernando. Quitte envers mon devoir, dites-vous , et le sang de mon père est-il vengé, pour que je sois quitte? Cessez de vanter ce st« ! rile courage, qui ne serait plus à présent qu’un prétexté à la lâcheté.
J’étais un enfant quand vous m’avez pris par le bras et que vous m’avez dit : Voilà l'assassin de ton père. De ce moment vous avez fait de moi un homme ; laissez-moi donc agir en homme.
ALMEIDA. Eh bien! ch bien! vous me quittez, Fernando ? Quel est votre projet?
de punir un meurtrier? mais ce meurtrier ne manque ni de force, ni d’audace, et s’il cherche à s’éloigner, c’est que cette Providence dont vous parliez tout à l'heure lui a inspiré la pensée d’éviter le combat, parce quelle en prévoit la fatale issue.
Fernando. Elle nous a donné, à lui l'espoir de se sauver, à moi le pouvoir de le retenir.
alméida. Fernando, rien qu’un mot; vous sortirez après, si vous le voulez. Mes
Ç rières sont impuissantes, cela devait être.
’u veux te battre, et c’est bien. Mais c’est à moi de te servir de guide , et maintenant que je ne m’oppose plus à ton projet, que je l’approuve, il est de ton devoir de m’écouter.
Fernando. Fuir ! il veut fuir!
ALMÉIDA. Mais il n’est pas parti , mais on peut le retenir ; rien n’est changé encore, il est en notre pouvoir.
FERNANDO. Oh ! non ! il ne partira pas.
ALMÉIDA. Tu le vois bien , Fernando ; moi non plus , je ne veux pas qu'il nous échappe ; comme toi, j'assure notre vengeance ; mais la colère ne m’aveugle pas , moi : descends, ferme toi-même les portes du château. Ainsi tu n’as plus rien à craindre : ainsi la fuite devient impossible, et le combat inévitable. Tu ne m'écoutes pas?
Fernando. Pardon.
alméida. Moi, je t’attends : tu reviendras me chercher ici.
FERNANDO. Oui.
alméida. Fernando, tu me le jures, n’ett-ce pas?
Fernando. Je vous le jure.
alméida. Eh bien! descends... hâte-toi.
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