ALMEIDA, DON A JUAN A
juana. Vous m'avez fait appeler, monsieur, ci je viens.. .Mais pourquoi ce trouble , cette émotion
alméida. Ecoulez-moi, madame. Dans cinq minutes je pars. Une chaise de poste est en bas toute prête, les chevaux attelés. Mais dans ce pays d’Espagne oit je vais retourner, ma vie est bien seule et bien triste ; souffrez que Fernando m'accompagne.
juana. Lui! Que s’est-il donc passé?...
Ces soins, celte tendresse que vous méritez si bien , vous les trouverez ici , mon père.
Pourquoi ce départ subit ?
Ai.siF.iDA. Il est devenu nécessaire.
juana. Pardon ; Fernando ne peut vous suivre. Il a pour vous tout le respect et l'attachement qu’il doit avoir, mais il n’a jamais quitté sa mère, et il ne consentirait pas facilement à s'en séparer ; et moi , je mourrais d’inquiétude , voyez-vous.
ALMÉIDA. Laissez-moi l’emmener, dona Juana ; je vous le demande , je vous en prie.
JUANA. Enfin , vous voulez m’enlever mon fils. Pourquoi ? il y a U un secret que vous me cachez. On n’enlève pas ainsi un fils A sa mère.
ALMÉIDA. Juana... il le faut.
JUANA. Le motif de ce départ?. .. Je dois l’apprendre. Vous aimez Fernando, mais vous n’avez pu penser que, sur un mot, je vous sacrifierais ma tendresse, ma tranquillité.
alsiéida. Eh ! ne vovez-vous pas que je tremble pour lui , qu’il faut que je le sauve, que s’il reste ici quelques instans encore, on va le tuer.
JUANA. Qui donc ?
alméida. Celui qui a tué son père.
JUANA. Il est ici!
alméida. Juana, ne m'interrogez pas.
juana. Son nom? Vous vous taisez?...
Ce n’est pas Karl, n'est-cc pas?
ALMEIDA. N’exigez pas que je réponde.
juana. Karl !... lui...
alméida. Oh! je ne lui demande plus compte du sang qu’il a versé : je ne demande plus rien : qu'il vive ; mais mon Fernando , mon enfant ; qu’on me rende mon enfant. Rcndez-le-uioi , vous qui le pouvez encore , vous qui l’aiinez. Ils vont se battre.
JUANA. Qu’est-cc que vous dites ?
ALMÉIDA. Dans un quart d'heure.
JUANA. Karl! Fernando!... et Karl a accepté ?
al éida. Oui.
JUANA. Pour moi!., oui!., et Fernando veut sc battre pour venger son père ?..
ALMÉIDA. Pour le venger.
JUANA. Se battre avec Karl !!.. mais cela ne se peut pas. O mon Dieu ! vous le savez que cela ne sc peut pas !
ALMÉIDA. Comprenez-vous maintenant pourquoi je voulais l’emmener, pourquoi je vous le demandais à genoux tout à l’heure ?
JUANA , abîmée thins sa douleur. Oui...
oui...
ALMÉIDA. Il faut qu’il parte avec moi  l'instant ; tant qu’il resterait ici, je ne répondrais pas de lui.
JUANA. Oui... (Sortant de sa stupeur . ) Mais le teins s’écoule, monsieur ; et quand nous voudrons empêcher ce combat, il sera trop tard , peut-être. ( Elle sonne arec arr.e. ) Qu’on appelle Fernando , qu'on le cherche, qu’il vienne.
alméida. Dans un instant il sera ici, il me l'a juré.
juana. Eh ! puis-je attendre sur la foi d'une parole ! Vous , monsieur, à qui je dois tout, qui voulez le sauver, vous savez où il est, peut-être. . vous pourrez le trouver , l’amener... Ce combat n’aura pas lieu., il est impossible , entendez-vous?..
Je n'ai qu’un mot à dire à Fernando...
mais il faut que je le voie , que je lui parle à l'instant. .. amenez-le-moi , monsieur, amencz-le moi !..
alméida. J'y cours.. Songez-y, Juana...
je n’ai plus d'espoir qu’en vous.
a aaaoaecaaoeaaooaoaaocos o Q o coocQosooaaaeaooo