‹ Kean, ou, Désordre et génieChapitre 15 sur 56 · SCÈNE II Les Mêmes. LORD MEWILL, entrant · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes. LORD MEWILL, entrant

LORD MEWILL.

Le maître de la taverne ?

PETER

Me voilà, Votre Honneur.

LORD MEWILL.

Écou tz, mon ami, et retenez bien ce que je vais vous dire.

PETER

J'écoute.

LORD MEWILL.

Une jeune fille viendra dans la soirée, et demandera une chambre; vous lui ouvrirez la plus propre de votre taverne. Tout ce qu'elle désirera, vous le lui donnerez. Ayez pour elle les plus grands soins, les plus grands égards; car cettf jeune fille est destinée à devenir l'une des plus grandes dames d'Angleterre. Voici pour vous payer de vos peines.

PETER

Est-ce tout ce que vous avez à me recommander, milord?

LORD MEWILL.

Pouvez-vous me faire connaître le patron d'un petit bâtiment, bon voilier, que je puisse affréter pour huit jours?

PETER

J'ai votre affaire. (Appelant.) Georges! (Un des Buveurs habillé en marin se lève, et vient sur le devant de la scène.) Voici un gentleman qui aurait besoin d'un joli slop pour huit jours, dix jours.

GEORGES

Pour le temps qu'il voudra ; le tout est de s'entendre.

LORD MEWILL.

Mais bon marcheur.

GEORGES

Oh! la Reine-Élisabeth est connue dans le port; vous pou-

vez VOUS informer à qui vous voudrez si elle ne file pas ses huit nœuds à l'heure.

LOIîD MEWILL.

Et peut-elle remonter jusqu'ici?

GEORGES

Je la mènerai où je voudrai. Elle ne tire que trois pieds d'eau... Faites défoncer un tonneau de bière, et je me charge de l'amener dans la chambre.

LORD MEWILL.

Et peut-on la voir?

GEORGES

Elle est ancrée à un quart de mille d'ici, voilà tout

LORD MEWILL.

Eh bien, allons, et nous causerons d'affaires en route

GEORGES

Volontiers, milord. Attendez seulem.ent que j'achève ma bière.

(Il boit, pnis sort avec lord Mewill.)

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