‹ Keepsake d'histoire naturelleChapitre 74 sur 171 · RUBIS · texte numérisé non relu

RUBIS

On donne ce nom à l’oiseau-mouche de la Caroline, Catesby n'exprime que faiblement léclat et la beauté de la couleur de sa gorge, en l'appelant wx email cramoisi: c'est le brillant et le feu d’un rubis ; vu de côté, il s'y méle une couleur d’or ; eten dessous, ce n’est plus qu’un grenat sombre. On peut remarquer que les plumes de la gorge sont taillées et placées en écailles, arron-

dies, détachées; cette disposition favorable pour augmenter les reflets, se trouve, soit au cou, soit sur la tête des oiseaux-mouches, dans toutes leurs plumes éclatantes.

Le Rubis a tout le dessus du corps d’un vert doré changeant en couleur de cuivre rouge ; la poitrine et le devant du corps sent mêlés de gris blanc et de noirâtre : les deux plumes du milieu de la queue sont de la couleur du dos Cl les plumes latérales sont d’un brun pourpré. L’aile est d’un brun teint de violet, qui est, comme nous l'avons déjà observé, la couleur commune ‘des ailes de tous ces oiseaux. La coupe de leurs ailes est assez remarquable; on l’a compurée à celle de la lame d’un cimeterre ture. Les quatre ou cinq premières pennes extérieures sont très longues; les suivantes le sont beaucoup moins, et les plus près du corps sont extrêmement courtes; ce qui, joint à ce que les grandes ont une courbure en arrière, fait ressembler les deux ailes ouvertes à un arc tendu: le petit corps de l'oiseau est au milieu comme la flèche de l'arc.

Le Rubis se trouve en été à la Caroline, et jusqu’à la Nouvelle-Angleterre, et c’est la seule espèce d’oiseau-mouche qui s’avance dans ces terres septentrionales. Quelques relations portent cet oiseau-mouche jusqu'en Gaspésie. Le P. Charlevoix prétend qu’on le voit au Canada, mais il paraît l'avoir assez mal connu, quand il dit que le fond de son nid est tissu de petits brins de bois, et qu'il pond jusqu'à cinq œufs; et ailleurs, qu’il a les pieds, comme le bec, fort longs. L'on ne peut rien établir sur de pareils témoignages. On donne la Floride pour retraite en hiver aux oiseaux-mouches de la Caroline : en été, ils y font leurs petits , et partent quand les fleurs commencent à se flétrir en automne. Ce n’est que des fleurs qu’il tire sa nourriture, et l’on n’a jamais observé - qu'ilse nourrît d'aucun insecte, ni d'autre chose que du nectar des fleurs.

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