UX ÉCOLIER EN
Tous les matins, au petit jour,i le " père m'éveillait. Les
frères et sœurs ^ dormaient encore ; je m'habillais sans faire
de bruit et je sortais avec mon petit sac, les pieds nus dans
mes sabots, mon bonnet sur les oreilles et ma bûche sous le
bras. Il faisait froid à l'entrée'* de l'hiver, je fermais bien^
la porte, et je partais en soufflant dans mes doigts. J'arrivais
presque toujours avant les autres ; j'entrais dans la salle
noire, vide : ^ je posais " ma bûche près du poêle, et mes sabots
à côté pour les sécher. Tout est encore là sous mes yeux :
les portes blanchies à la chaux, les petits bancs, le grand
tableau noir contre le mur, entre les deux fenêtres ; tout au
fond, la chaire du maître sur une petite estrade. Chacun
devait balayer à son tour, mais je commençais en attendant
les autres.
' à l'aube. * mon. ' Mes frères et nies soeurs.
* au commencement. 'soigneusement. ' noire et vide.
' je déposais.