XL VIII .UN CHIEN DE CONFIANCE
Un Anglais (jui voyageait sur le Continent tira b^a bourse un matin pour voir si elle contenait assez d'argent pour une excursion qu'il se proposait de faire. Il quitta son logement, laissant derrière lui un chien de confiance. Pendant son diner ^ il tira sa bourse pour payer- l'addition, et s'aperçut qu'il lui manquait ^ une pièce d'or. Le soir, lorsqu'il rentra, son domestique lui apprit ^ que le chien paraissait fort-* malade, car on ne pouvait lui faire prendre aucune nourriture. Le voyageur alla voir aussitôt ce qu'avait son favori ; il ne fut pas plus tôt entré dans la pièce que ^ le fidèle animal " courut à lui et déposa à ses pieds la pièce perdue. Puis il dévora (avidement) la nourriture déposée à terre à son intention. La vérité, c'est que le monsieur avait laissé tomber la pièce le matin, et que le chien l'avait ramassée. Il avait gardé le souverain ^ dans sa gueule, craignant même de manger de peur de perdre la propriété ^ de son maître avant d'avoir l'occasion de restituer la pièce.^°
> Pendant qu'il dînait. - régler. ' qu'il avait perdu.
* En rentrant le soir il apprit de son (sa) domestique. * très.
* dès qu'il entra (fut entré) dans la pièce ; dès son entrée dans la pièce. " la . . . t)éte. " Il l'avait gardée. " le bien. *" de la (le) restituer.
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'• Comment vou> appelez-vous, ma bonne dame?'" demanda t-il. — "Judith Gardencr." — "Et comment s'appelait votre |)ère?" — "Ah! le pauvre homme! Il s'appelait Rip van Winkle ; mais il y a vingt uns qu'il est parti de la maison avec son fusil, et (|u'on n'en a plus entendu parler. Son chien est rentré^ sans lui, mais s'est-il tue (d'un coup de fusil), ou a-t-il été enlevé par les Peaux Rouges, c'est ce (jue personne ne saurait dire. Je n'étais alors (|u'une petite fille." "- Il ne restait plus à Rip-' qu'une question à poser,^ mais il le fit d'une voi.v défaillante: "Où est votre mère?" — "Oh! elle aussi, elle est morte -^ il n'y a |)as longtemps.'" Le brave homme ne put se contenir plus longtemps. Il ]>rit dans ses bras sa fille avec l'enfant ([u'elle portail. "Je suis ton ^ père! cria-t-il, le jeune Rii) van ^^'inklc autrefois," le vieux Rip van Winkle maintenant. Est-ce que personne ne reconnaît le pauvre Rip?" Ils restèrent tous bouche bée "^ jusqu'à ce qu'une bonne vieille, après l'avoir dévisagé (pendant) un instant, s'écriât: "("est bien vrai! c'est Rip \an Winkle, c'est lui-même ! \'ous êtes ^ le bienvenu, mon vieux voisin. Mais qu'étes-vous devenu depuis vingt ans?"
' revenu.
* J'étais liHile (Kîtile alors.
' ki|) n'avait |
.lus.
* faire.
' est morte aussi.
• votre.
^ jadis.
" cliahi>.
" Soyez..
LESACiE ET LA itL( lil.>>sL Dl-: HOl ILLO.N
I^ célèbre écrivain fraix^ai^ Lcsage, l'auteur des A7<cn/ur>i de Gil liias de Sautillane, eciivit ' aussi, entre autres ouvrages, une comédie intitulée Tunnret. Le but de la pièce était d'exposer la rapacité odieuse des fermiers-généraux ou financiers, (jui s'enrichissaient par les moyens les plus vils ' prcHluioit. * celte.
et les exactions les plus cruelles. Ces gens, comprenant la portée de la nouvelle pièce, usèrent ^ contre elle de toute leur influence, et réussirent à en retarder (pendant) quelque temps la représentation, mais finalement elle fut * jouée avec beaucoup de succès. Quelques jours avant la première représentation, le poète consentit à lire sa pièce devant un cercle ^ choisi, à l'Hôtel de Bouillon,*^ mais, retenu par un procès, il arriva assez tard. Lorsqu'il voulut s'excuser,' la duchesse de Bouillon l'écouta avec une froideur hautaine, et lui fit observer qu'il avait fait perdre deux heures aux invités. " Oh ! la perte est facile ^ à réparer, madame, répliqua Lesage, je ne lirai pas ma comédie, et vous rattraperez ainsi le temps perdu." Il quitta l'Hôtel, et ne voulut jamais consentir à ^ remettre les pieds chez la duchesse.
^ se servirent. ^ mais elle finit par être. ' un auditoire.
*" à l'Hôtel de Bouillon, devant un cercle choisi. ' faire ses excuses.
** c'est une perte facile.
^ et on ne put jamais lui persuader de.