LE MENSONGE
Lorsque 1 Pierre avait fait une sottise— et il en faisait
souvent- — il manquait de courage pour l'avouer; il avait
plusieurs fois laissé accuser les autres, de peur d'être puni ;
aussi personne ne l'aimait, et on l'appelait tout haut " le
menteur." Un jour un voisin vint se plaindre de ce que
Pierre lui avait dérobé^ les plus beaux fruits de son verger.
" Hier soir, dit le voisin, j'ai entendu du bruit dans mon
jardin ; je suis sorti ; le voleur s'est sauvé,-* mais malgré la
nuit,5 je crois l'avoir reconnu : ce devait être votre fîls."
Pierre, interrogé, protesta de son innocence, mais ni son
père ni le voisin ne voulurent le croire, car les menteurs
perdent vite la confiance de tout le monde. Pierre fut donc
sévèrement puni, quoiqu'il "^ se trouvât " cette fois ^ innocent.
Pierre résolut de ne plus jamais mentir.
^ Quand. - commis une faute — et il en commettait souvent.
' volé. * s'est enfui. ^ l'obscurité. '' bien qu'il.
' fût. ^ bien que cette fois il se trouvât.