SÉANCES DE MASSAGE ET DE MOBILISATION
la pointe du pied tournée vers le sol, ce sont sûrement les deux triceps qui agissent alternativement (tig. 49).
Ce marquage du pas est exécuté très régulièrement à l’allure largo, puis allegretto du métronome. Peu à peu le meuble de soutien est retiré et le malade marque le pas sans assistance ; bientôt. le pied est porté en avant par pas de 10, 20, 40, 50, 75 centimètres. Pendant une dizaine de jours, la flexion de la hanche doit être exécutée avec horizontabilité de la cuisse, afin que le malade conserve la flexion du genou dans sa marche future.
Des marches de 100, 200, 400, 500, 1000, 1 500 mètres, puis 2,4,6, etc. kilomètres sont conseillées très progressivement. Peu à peu les flexions exagérées des segments de membre sont atténuées, mais le malade conserve une démarche, dont chaque mouvement est bien marqué et actionné par des muscles suffisamment résistants.
On peut exercer la fibre musculaire des triceps en conseillant des exercices d’assouplissement qui consistent à remuer pieds et genoux, à fléchir sur les membres inférieurs simultanément et à se relever de même : ici encore ce sont les deux triceps qui agissent nécessairement; les mouvements ne doivent jamais dépasser trois minutes, car ils deviennent alors pénibles (fig. 50).
La marche a lieu sur terrain plat, puis sur route accidentée ; enfin la montée et la descente des escaliers est le dernier exercice (lig. 51 et 52). Cependant, si le malade est jeune, on peut y ajouter des pas de course et des sauts en longueur et en hauteur.
La marche est un excellent exercice au point de vue général : cependant la bicyclette est encore supérieure, comme sport d’entraînement des muscles du membre inférieur; car le mouvement de pédale actionne nécessairement les deux triceps.
L’équitation n’entraîne guère que les muscles adducteurs ; l'escrime à l’épée, la boxe, la canne, le canot, etc. sont inférieurs à la marche et à la bicyclette, quoique d’un utile emploi, certains muscles se développent de trop par rapport à d’autres. La natation ne saurait être conseillée, quoique excellente comme entraînement musculaire, à cause des dangers divers qui l’accompagnent (refroidissements, imprudences). Enfin les divers jeux de l’adolescence (foot-ball, lawn-tennis, etc.) sont des variations de la course ou de la marche, et peuvent être conseillés avec modération.
Séances de massage et de mobilisation.
Le massage et la mobilisation, l’un préparant l’autre, sont presque toujours employés consécutivement, lorsque nous soignons nos malades. Suivant le cas, nous massons plus, nous
DAGRON. — MASSAGE ET MOBILISATION
mobilisons (lavantap:e, mais presque toujours notre intervention est double.
(dia(jue séanee com[)rend donc : 1° la prépai'ation du malade, 2° le massage, 3“ la mobilisalion j)assive, 4° la mobilisation active, 3° les exercices à lecommander dans l’intervalle des séances. G" la pose des ap[)areils.
Mous n’avons })lus à insister sur cbacune de ces [»arties de la séance, que nous avons déjà décrites en généi’al, que nous reverrons en étudiant notre action sur chaque système ; mais nous voulons déjà monti'er que malgré les variations nombreuses de chaque indication, toute séance est composée des mômes éléments.
Leur durée variera suivant l’importance du massage ou 4e la mobilisation, voire de l’une et de l’autre; mais la demi-heure ne devi‘ait pas être dépassée ; car n’oublions pas que nous excitons des terminaisons nerveuses, que nous exerçons des corps charnus.
La trop longue durée d’un traitement nuit à son bon résultat : nous conseillons pour bien des cas de faire 20 séances en quatre semaines de temps; soit 15 séances quotidiennes, ])uis 3 séances la troisième semaine et 2 la dernière. Au besoin deux, trois séries ou plus seront prati([uées à quelques mois de distance, mais les ell'ets du massage s’é])uisent comme ceux de tout médicament, et, après la 20“ séance, on peut douter du résultat des suivantes, sauf dans de rares exceptions.
Lors([u’il s’agit de traumatisme, le blessé est soigné jusqu’à guérison comj)lète; c’est précisément parce que le chii'urgien ne suivait pas assez longtemps le convalescent, ([u’il se contentait d’assister à la consolidation d’un cal ou à la cicatrisation d’une plaie sans se soucier de la i-ééducation de la fonction, que bien des blessés conservaient des raideurs des joinlures et de la faiblesse musculaire; des soins ])rolongés eussent pu combattre les complicalions consécutives à l’immobilisation.
Or, i)endant le traitement cinési(iue, cette l•ééduca(ion est déjà entre])rise, et ([uand la guéiâson elfective du blessé a lieu, la fonction du membre compromise est à peu ])i‘ès regagnée. Aussi ne })eut-on pas accuser celte méthode d’exagérer la durée des soins, d’èlre troj» luxueuse, puisque le rétablissement du blessé est à la fois ])lus ra[)ide e( ])lus absolu.