Vérine a Rossignol
Vitré, ig germinal an II (8 avril 1794)'
Le général Kléber vient de partir pour Laval et m'a chargé, en partant, de t'écrire les motifs de cette absence. La Société populaire d'Ernée a dénoncé l'adjudant général Boulan ^ et, d'après cela, le comité militaire de cette ville Fa mis en état d'arrestation. Cependant Boulan a eu ordre de se mettre en mouvement le 21 de ce mois, avec les autres adjudants généraux auxquels sont attribués les cantonnements. Le général Kléber manque de sujets et, si un seul reste au repos, les Chouans se porteront sur lui et l'opération sera manquée. Le général Kléber est donc allé à Laval auprès du représentant du peuple François, pour obtenir à Boulan une suspension provisoire, afin que son plan s'exécute. ïu trouveras ci-joint une apostille de la main du général Kléber ^.
Salut et fraternité. Vérine.
P. -S, — Tu trouveras ci-joint copie de l'ordre circulaire que le général Kléber a fait passer aux commandants de ses arrondissements 3.
(Guerre, Arch. Hist., V, i5.)
1. Diverses autres sociétés populaires de la région protestèrent contre l'arrestation de Boulan et attestèrent son civisme ainsi que les services rendus par lui contre les Chouans. Devenu général, il fut suspendu de ses fonctions après le 9 thermidor.